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300 millions d'euros par an, le coût de la fraude pour la SNCF

Guillaume Pepy estime que la fraude est devenue "un problème de société"

Guillaume Pepy estime que la fraude est devenue "un problème de société" - Matthieu Alexandre - AFP

La compagnie ferroviaire a affirmé, ce jeudi 11 septembre, que la lutte contre la fraude serait l'une de ses priorités. Un plan spécial sera présenté dans un mois.

La SNCF va fourbir ses armes contre la fraude. Ce jeudi 11 septembre, Alain Le Vern, directeur des TER et Intercités de la compagnie ferroviaire, a annoncé que "d'ici un à deux mois", celle-ci allait "présenter un plan de lutte qui sera musclé".

Le ministre de l'Intérieur "Bernard Cazeneuve nous a réuni tous (SNCF et RATP, ndlr) pour nous dire 'j'ai décidé d'agir'", a précisé, de son côté, le président de la SNCF Guillaume Pepy.

Le coût de la fraude est estimé à au moins 300 millions d'euros par an pour la SNCF: 100 millions pour les Transilien en Ile-de-France, 100 millions pour les grandes lignes, et 100 millions pour les TER.

La RATP estime elle aussi ce coût à 100 millions d'euros. "On peut pas rester dans la situation où on est aujourd'hui, où, en réalité, de plus en plus de gens qui paient se posent la question de savoir pourquoi payer", a jugé Guillaume Pepy.

Des "petits éléments de gêne" à venir

"Car il leur apparaît que les mailles du filet et l'incivilité sont tellement importantes que, eux qui sont dans la difficulté, pouvoir d'achat, crise, etc, ... se disent 'mais au fond est-ce que c'est pas moi qui ai tort?'", a-t-il ajouté.

Depuis le 2 septembre, les billets TER et Intercités sont valables 7 jours, et non plus 61 jours, afin de lutter contre la "multi-utilisation du même titre de transport", a souligné Alain Le Vern.

"Il y a certaines lignes TER où le système est un système de fuite généralisée (...), on se rend compte qu'il y a seulement une personne sur deux qui a le bon billet et qui a payé", a réagi Guillaume Pepy.

Selon ce dernier, la fraude "devient un problème de société en France, qui est extrêmement lourd, non seulement pour la boîte, mais pour ceux qui paient. On n'en a pas fini avec ce sujet-là, ça commence. Et ce qui est terrifiant, c'est que c'est un problème français".

Il a précisé que le plan de lutte qui doit être annoncé "va comporter quelques petits éléments de gêne, mais c'est à ce prix-là qu'il faut protéger le service public".

J.M. avec AFP