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Voitures autonomes : qui mène la course à l'innovation ?

Testée depuis 2009, la Google Car est le modèle de voiture autonome qui semble le plus avancé au monde d’après le cabinet Juniper Research.

Testée depuis 2009, la Google Car est le modèle de voiture autonome qui semble le plus avancé au monde d’après le cabinet Juniper Research. - AFP-Noah Berger

L'avenir de la avoiture autonome ne passe pas seulement par les constructeurs et les équipementiers traditionnels. Start ups, pure players du digital, fabricants de batteries, voire même éditeurs des nouvelles plateformes de mobilité (auto-partage, etc) figurent parmi les futurs acteurs du marché des véhicules intelligents. À chacun sa technique pour devancer les concurrents et réussir à s’imposer d’ici à moins de dix ans.

Montée en puissance des voitures électriques, développement de l’auto-partage, multiplication des expériences de conduite sans conducteur… Ces dernières années, le marché de l’automobile connaît des évolutions largement favorables au marché des véhicules autonomes. Ces derniers devraient même représenter 15% des ventes mondiales de voitures d'ici à 2030, d’après une étude datée de janvier du cabinet américain McKinsey. Un marché que des constructeurs traditionnels mais aussi des start ups et des entreprises technologiques (Tesla, Google, Apple…) ne manquent pas de préparer.

Les constructeurs traditionnels accélèrent leurs développements

Côté constructeurs, il n’y a qu’à voir l’effervescence qui règne autour des concept-cars du Mondial de l’Automobile - qui se tient ces jours-ci à Paris -, pour mesurer les espoirs qu’il génère. Pourtant, il y a seulement quelques années, la plupart des constructeurs traditionnels n’envisageait pas un réel avènement des voitures autonomes à moyen terme. Ils ont désormais, pour beaucoup, changé leur fusil d’épaule. Ils comptent ajouter de l’autonomisation dans leurs modèles étape par étape. Les promesses de voitures totalement autonomes à l’horizon 2020 se multiplient (Toyota, Nissan notamment). PSA a testé une C4 sur quelques liaisons depuis Paris en 2015, Renault s'essaye à une version de son Espace capable d’autonomie sur autoroute. Volvo s'appuie lui sur des taxis sans chauffeur en partenariat avec Uber, ainsi qu’un véhicule destiné aux particuliers en Suède. La liste est longue de toutes ces expérimentations. D’autant que les équipementiers automobiles ont eux-aussi investi le filon. Valeo, Bosch, Continental et Denseo mettent au point des scanners, caméras et lasers indispensables à ces véhicules.

Le mariage gagnant avec les acteurs de la high tech

Mais les constructeurs européens ne sont évidemment pas les seuls à investir sur ce marché. Mi-août, à l’occasion d’une conférence dans la Silicon Valley, le directeur général de Ford, Mark Fields promettait par exemple des voitures 100% autonomes d’ici 2021. Comme d’autres, il s’appuie sur des partenariats avec des universités. L’Américain mène des recherches depuis dix ans, notamment avec l’Université californienne Stanford et le Massachusetts Institue of Technology (MIT). L’innovation passent parfois par de la croissance externe. Ainsi, l’an dernier, les Allemands BMW, Audi et Mercedes-Benz se sont associés pour racheter à Nokia le convoité service de cartographie Here, concurrent de Google maps. De quoi permettre à leurs voitures de s’orienter convenablement.

Un point crucial qui a permis de doter la Google Car d’un bel atout dès ses premiers tests il y a sept ans. La voiture de l’entreprise californienne est l’une des plus avancée, et a même appris à klaxonner ! Tesla tire pour sa part profit des données de circulation de ses Model S, lorsque le conducteur enclenche l’autopilotage, afin de peaufiner sa future voiture autonome, annoncée pour 2018.

Avancer dans l’ombre

Même Apple veut être de la partie. La firme américaine n’a pas officialisé de projet mais des centaines de personnes plancheraient en secret sur une voiture autonome dans la cadre d’un projet interne baptisé Titan. Début septembre, Tim Cook a laissé entendre à des constructeurs automobiles que son ambition était de vendre 500.000 exemplaires de cette voiture dès sa première année de commercialisation. Mais rien n'est attendu avant 2021.

Auto-partage et taxi parmi les futurs usages privilégiés

Les start ups ne sont pas en reste. Les licornes – ces entreprises valorisées plus d’un milliard de dollars-, telles Lyft, Uber ou BlaBlaCar ont compris qu’elles avaient un rôle à jouer en nouant des partenariats avec des constructeurs. Pourquoi ? Parce que l’usage des voitures autonomes devrait en partie se développer sur le modèle de l’auto-partage, un sujet dont elles sont les emblèmes. À leurs côtés, des sociétés moins connues, comme le lyonnais Navya ou le vendéen Ligier, travaillent aussi sur leurs propres modèles et visent le marché des navettes. Hors de nos frontières, des start ups viennent aussi challenger les équipementiers classiques, à l’image de l’Américaine Quanergy qui a récemment levé 90 millions de dollars pour améliorer ses lidars, des systèmes de détection par rayon laser indispensables aux véhicules sans chauffeur.

Reste à voir qui parmi ces nombreux acteurs va tirer son épingle du jeu dans les années à venir et réussira à prendre la part du lion sur le marché mondial des voitures autonomes, qui pourrait peser 500 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2035, d’après une étude du cabinet AT Kearney publiée l’année dernière. Une autre étude du cabinet Juniper Research dresse elle le top 5 des entreprises les plus prometteuses dans le domaine : dans l’ordre, Google, Volvo, Daimler, Tesla et Apple.

Adeline Raynal