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Vieilles charrues: 100.000 festivaliers privés d’argent liquide

120 000 festivaliers présents à Carhaix dans le Finistère, ont pu réalisés leurs achats à partir d'un bracelet connecté faisant office de porte-monnaie électronique.

120 000 festivaliers présents à Carhaix dans le Finistère, ont pu réalisés leurs achats à partir d'un bracelet connecté faisant office de porte-monnaie électronique. - AFP

Repas, boissons, T-shirts, nuitées de camping... Pour régler leurs dépenses, les participants à ce grand-rendez musical ont été contraints d'utiliser un bracelet connecté... à leur carte bancaire. Une obligation qui les a poussé à dépenser plus que les années précédentes.

Impossible de régler le moindre achat en espèces sonnantes et trébuchantes durant les quatre jours qu’a duré le festival de musique des Vieilles Charrues à Carhaix, dans le Finistère. Les euros (pièces ou billets) étaient pour la première fois cette année totalement proscrits sur le site au bénéfice d'un paiement par... bracelet connecté. Et les 120.000 festivaliers qui ont assisté aux multiples concerts (240.000 billets vendus) ont plutôt bien pris cet interdit. 98.000 ont en effet accepté d'utiliser ce nouveau moyen de paiement pour s’acheter repas, boissons, T-shirts, accessoires divers ou nuitées de camping.

Un bracelet connecté en guise de porte-monnaie

Chacun des spectateurs disposaient ainsi d’un bracelet en tissu, connecté, au sein duquel était insérée une puce électronique sans contact, jouant le rôle de porte-monnaie électronique. Une fois le compte créé sur le site du festival, il suffisait pour l'utilisateur de saisir ses coordonnées de carte bancaire et de créditer son porte-monnaie virtuel du montant souhaité (200 euros maximum par chargement).

Cette opération pouvait être réalisée depuis une application sur smartphone ou à partir des 1.250 terminaux mobiles déployés sur le terrain. Les 6.000 bénévoles étaient eux-mêmes équipées de cette solution pour gérer la partie back office. Quelques secondes suffisaient pour régler son dû, grâce à une connexion sans contact de type NFC (Near Fiel Communication). Et à chaque paiement, l’utilisateur était averti sur son mobile du solde de son compte.

Une simplicité qui a visiblement porté ses fruits. Outre une plus grande fluidité des encaissements, et une sécurisation renforcée des moyens de paiement (l’argent liquide ne circulant plus sur le site du festival), ce moyen de paiement ultra-simple a généré une croissance des recettes. Les clients ont en effet dépensé plus que lorsqu’ils effectuaient directement leurs transactions en espèces ou carte bancaire. Au total, les transactions ont atteint plusieurs millions d'euros.

Recharger son compte directement depuis son mobiles

Plus de 50% des rechargements de la puce-porte-monnaie ont également été réalisés via des smartphones, avec des pics de plus de 20 transactions par seconde. Cette prouesse technologique est à mettre au crédit de Weezevent, une jeune start-up grenobloise, à l’origine de cette innovation. "Notre solution présente en outre la capacité de fonctionner en mode asynchrone. Les puces électroniques sont en liaison constante avec nos serveurs. A la moindre coupure d’Internet, un festivalier pourra donc continuer à acheter ce dont il a envie, jusqu’au solde du montant qu’il aura chargé", explique Pierre-Henri Deballon, PDG de Weezevent. L’autre atout du bracelet est de pouvoir virer le solde des puces électroniques sur les comptes bancaires des clients dès la fin du festival. 

Le dernier atout du système développé par Weezevent porte sur la gestion de données. Les organisateurs savent à tout moment où en sont leurs stocks. Ils peuvent également analyser les modes de consommation de leurs clients selon les heures et les concerts. Tout cela en temps réel. Pour l’an prochain Weezevent prévoit de rendre le bracelet encore plus intelligent avec la possibilité de télécharger les playlists des artistes présents sur scène, ou encore le partage de photos stockées dans la puce et prises à partir du smartphone. Il est bien loin le temps de Woodstock.

Frédéric Simottel