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Vers une version payante de Facebook sans publicité ?

Selon Bloomberg, Mark Zuckerberg envisagerait une déclinaison payante du réseau social, dépourvue de publicité.

Selon Bloomberg, Mark Zuckerberg envisagerait une déclinaison payante du réseau social, dépourvue de publicité. - Justin Tallis-AFP

Le "scandale" lié à la fuite de données de 87 millions de ses utilisateurs a réactivé en interne chez Facebook l'hypothèse d'une version sans publicité du réseau social dont les membres paieraient un abonnement, selon Bloomberg.

Facebook évaluerait plus que jamais la possibilité d'une version sans publicité et sur abonnement du réseau social. Selon Bloomberg, qui cite des sources anonymes proche de ce dossier, Facebook a effectué des études de marché auprès d'internautes pour déterminer si la piste d'une version du réseau social sans publicité et payante vaudrait la peine d'être explorée.

La société a déjà envisagé de lancer un tel service auparavant, rapporte Bloomberg, mais les réflexions en interne à ce sujet auraient repris à la suite du "scandale" de la société britannique Cambridge Analytica, qui a pu "aspirer" les données personnelles de 87 millions d'utilisateurs de Facebook, sans leur consentement. Toujours selon le média américain, il ne s'agirait que d'une hypothèse de travail ayant un certain soutien au sein de Facebook, lequel s'apprête par ailleurs à diversifier son offre avec la création à venir d'un site de rencontre.

Un modèle économique entièrement basé sur la publicité

Le succès mondial du réseau social, qui réunit désormais 2,2 milliards d'utilisateurs actifs sur la planète, s'est fondé sur un modèle éconnomique d'utilisation entièrement gratuit et financé par la publicité en ligne. L'an passé, Facebook (plus Messenger, Instagram et WhatsApp) a engrangé près de 41 milliards de dollars (34 milliards d'euros) de chiffre d'affaires annuel, presque entièrement tiré des seuls revenus publicitaires.

Tant que la publicité continuera à affluer, Facebook n'a pas intérêt à bouleverser radicalement son modèle économique. Contrairement à un réseau social professionnel comme Linkedin (détenu par Microsoft), qui dispose d'une offre duale, gratuite et payante, il n'est pas évident pour Facebook dont la cible est surtout grand public, d'envisager une version sur abonnement, ce qui serait une vraie révolution. Mais le choc du "scandale" Cambridge Analytica et ses retombées pourraient bien avoir rebattu les cartes en interne chez Facebook en contraignant Mark Zuckerberg à réviser sa stratégie.

F.Bergé