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Vero, un réseau social inconnu mais déjà saturé

L'application Vero est numéro un des téléchargements sur l'App Store

L'application Vero est numéro un des téléchargements sur l'App Store - Capture d'écran Youtube

Lancé en 2015, la popularité de Vero grimpe seulement depuis quelques jours. Ce réseau social veut bousculer Instagram et Facebook sans vivre de la publicité et en respectant les données de ses utilisateurs.

Vero, kezako? Depuis quelques jours, le nom de cette application qui veut révolutionner les réseaux sociaux a envahi la toile. Pourtant, ce service a été lancé il y a presque trois ans, en juin 2015. Mardi, l'application était l'application gratuite la plus téléchargée sur l'App Store et se trouvait la vingtième place sur Google Play. Un succès fulgurant. 

À quoi sert Vero ?

Derrière l’application Vero, trois hommes. Scott Birnbaum, entrepreneur, Motaz Nabulsi, producteur de film jordanien et Ayman Hariri, fils du premier ministre libanais Rafiq Hariri assassiné en 2005. C’est “la frustration envers les réseaux sociaux existants” qui a donné l’envie à Ayman Hariri de créer “Vero” (“vrai” en italien), écrivait le site de la chaîne américaine CNBC, en mars 2017.

En pratique, l’application Vero, disponible sur IOS et Android, est une sorte de mélange entre Facebook, Instagram et Twitter. On peut partager ses livres du moment, ses photos et vidéos, ses musiques, ses films et sa position géographique. Rien de révolutionnaire en somme. Mais depuis quelques jours, l’application a été propulsée en haut des téléchargements grâce à une grande opération marketing d'influenceurs sur Instagram notamment.

Victime de son succès, l’application ne marche plus. Les utilisateurs s'inscrivent mais ne peuvent rien publier. Sur Twitter, les internautes ironisent et partagent des captures d'écran avec le message: "Le serveur n'a pas répondu. Veuillez réessayer plus tard". Vero a affirmé tout mettre en oeuvre pour résoudre le problème et répondre à la demande croissante.

Comment se finance Vero ? 

La promesse de Vero? Un réseau social sans publicité. Pour cela, le modèle économique choisi est l’abonnement. Il permet d'éviter de "passer notre temps à trouver un moyen de monétiser le comportement de nos utilisateurs ou d’envoyer des notifications pour les faire revenir sur notre application”, précise le site internet.

Le premier million d'inscrits aura un compte premium gratuit à vie, a assuré l'entreprise. Passé ce cap, Vero deviendra payant. Aucun prix n'a été indiqué. Mais certains internautes ne semblent pas y croire. "C'est une opération marketing. Ils encouragent les personnes à s'inscrire afin d'atteindre rapidement le million d'utilisateurs", écrit un internaute sur le forum Reddit. "Je suis sûr qu'une fois le million atteint, ils feront une annonce "surprise" pour dire qu'ils sont de notre côté et qu'ils ne nous feront jamais payer", lui répond un autre.

Par ailleurs, Vero s'appuie sur les contenus de l'Apple Store (Apple Music, iTunes et iBooks), sur ses versions IOS et Android.

Quid des données personnelles ? 

"Vero ne se financera jamais par la publicité et ne collectera pas vos données", indique le site internet de l'application. Dans les conditions d'utilisation, il est indiqué que Vero recueille les nom, prénom, numéro de téléphone et adresse mail (obligatoires lors de la création du compte) et géolocalisation de l'utilisateur (qui peut refuser). Vero se réserve également le droit de "conserver tout message envoyé à travers le service". 

Les informations collectées sont destinées à améliorer l'application mais aussi à vous "fournir du contenu et des informations personnalisés". Un point important car Vero met en avant l'absence d'algorithme de ciblage, en opposition aux récentes polémiques concernant le rôle joué par les réseaux sociaux pendant la campagne présidentielle américaine notamment.

Comment se désinscrire ? 

Réfléchissez bien avant de vous inscrire, faire le chemin inverse n'est pas une mince affaire. Il faut demander à Vero la suppression de votre compte. À la rédaction, nous l'avons réclamé à 14h45. Quatre heures plus tard, notre compte test était toujours actif.

Pauline Dumonteil