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Une "brigade Facebook" dans l'armée britannique

La brigade Facebook de l'armée britannique compte au moins 1.500 soldats

La brigade Facebook de l'armée britannique compte au moins 1.500 soldats - Alain Jocard - AFP

Pour améliorer son offensive contre le terrorisme sur les réseaux sociaux, le Royaume-Uni s'est dotée d'une brigade d'au moins 1.500 soldats chargés d'informer et de désinformer sur Twitter et Facebook.

La guerre sur les réseaux sociaux bat son plein. Pas la guerre commerciale entre Facebook et Twitter mais bien la guerre menée par l'armée sur internet notamment face aux menaces terroristes.

La Grande-Bretagne est en pointe: l'armée britannique vient d'annoncer la création d'une brigade "Facebook" qui combattra uniquement sur les réseaux sociaux.

Ainsi, la 77ème brigade de l'armée du Royaume-Uni ne mènera pas la guerre sur le terrain, ses soldats ne prendront pas les armes. Son champ de bataille ce sera les timelines des réseaux sociaux. Une première pour une armée occidentale. L'Etat-major britannique parle d'une "force de combat à l'âge du numérique".

Pas un hasard

Le choix de la 77ème brigade n'est, par ailleurs, pas un hasard : c'est un hommage aux chindits, un bataillon mythique de la seconde guerre mondiale, qui, pendant la campagne de Birmanie, opérait en arrière du front pour semer le désordre et inspirer un sentiment d'insécurité auprès des ennemies japonais.

Au moins 1500 soldats seront affectés à la guerre sur les réseaux sociaux. Leur mission: faire du renseignement, mener des opérations secrètes sous de faux compte, répandre la confusion, informer mais aussi désinformer sur internet, notamment dans les zones de guerre pour peser sur l'opinion publique.

Une forme de combat psychologique, théorisée au moment de la guerre froide par les soviétiques, qui trouve aujourd'hui de nouvelles applications sur internet. L'idée de cette brigade Facebook est née au départ à la suite de la guerre menée en Afghanistan où les armées occidentales se sont trouvées désemparées face à l'insurrection des talibans.

Une réponse à Boko Haram et l'Etat islamique

Cette initiative est évidemment une réponse aussi aux techniques utilisées par des organisations comme l'Etat Islamique ou Boko Haram qui ont compris l'intérêt des réseaux sociaux pour recruter et mener leur propagande dans les pays étrangers. La Russie s'est elle aussi spécialisée dans la manipulation sur internet depuis le début de la guerre en Ukraine.

Si la Grande-Bretagne est le premier pays occidental à créer un bataillon dédiée aux réseaux sociaux, les Etats-Unis et Israël sont également très actifs sur ce front : Tsahal par exemple serait présent sur une quarantaine réseaux, sous différentes identités, et dans six langues différentes.

La France, elle, ne dispose pas encore d'une cellule spéciale pour mener la guerre sur Facebook ou Twitter.Un retard que compte combler le gouvernement après les attaques contre Charlie Hebdo. Jean Yves le Drian le ministre des armées a fait de la cyberdéfense une priorité nationale.1 milliard d'euro seront mis sur la table et le recrutement de plusieurs centaines d'experts est programmé.

Simon Tenenbaum