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Un nouveau visa britannique va changer la vie des start-up

A l'origine de l'idée, l'Institut fondé par l'investisseur Sherry Coutu et Reid Hoffman, cofondateur LinkedIn et soutenu par Google et la Bourse de Londres.

A l'origine de l'idée, l'Institut fondé par l'investisseur Sherry Coutu et Reid Hoffman, cofondateur LinkedIn et soutenu par Google et la Bourse de Londres. - www.gov.uk

La Grande-Bretagne propose aux entreprises du numérique un nouveau visa pour faciliter le recrutement en dehors du territoire de l'Union européenne, non pas d'un salarié, mais d'équipes pouvant compter jusqu'à 5 personnes.

Recruter des experts du numérique, ce n’est pas toujours facile. Et pas seulement pour des raisons budgétaires. Souvent, l’avancée fulgurante des technologies ne permet pas toujours de trouver les bonnes compétences y compris au niveau européen au moment où on en a le plus besoin. Il existe certes de nombreux dispositifs permettant de recruter des experts qui ne sont pas citoyens ou résidents européens, mais ils impliquent de réaliser, pour chaque embauche, des démarches administratives longues et complexes.

Le Royaume-Uni a donc décidé d'assouplir ses conditions d'accès à son marché du travail pour permettre aux employeurs de constituer rapidement les équipes d'experts dont ils ont besoin, quelque soit leur nationalité. Son idée? Un visa de travail collectif permettant à une entreprise de faire venir jusqu’à 5 personnes.

La réussite est le fruit d’un travail collectif

Pour Josephine Goube, directrice de ce programme, ce dispositif constitue une véritable révolution dans le recrutement: "Avec ce processus de groupe, le gouvernement reconnaît que, parfois, la réussite technologique est le fruit d’un travail collectif et non l’œuvre d’un seul individu. C’est un véritable cadeau pour nos entreprises" explique-t-elle dans Business Insider.

Ce nouveau visa était très attendu par les entreprises britanniques du numérique. Parmi ses défenseurs figuraient l'Institut "Scale-up", un organisme fondé en juin dernier par l'investisseur Sherry Coutu et Reid Hoffman, cofondateur LinkedIn et soutenu par Google et la Bourse de Londres. Dans un rapport publié en octobre 2015, cette organisation insistait sur la nécessité d’assouplir les règles encadrant l’embauche de travailleurs étrangers. "Les start-up britanniques auraient plus de chance de devenir des géants mondiaux si elles étaient en mesure d'embaucher des programmeurs talentueux partout dans le monde." expliquait-elle alors.

Immigration : Donald Trump attaque Facebook

L’assouplissement des règles d’immigration pour les travailleurs du numérique est également un enjeu important dans la Silicon Valley. Ce débat est même au cœur des élections américaines. Cet été, Donald Trump, candidat à l’investiture pour les Républicains, s'en est nommément pris à Mark Zuckerberg, accusé de vouloir "tripler le nombre de visas" et de retirer des emplois aux Américains.

Le fondateur de Facebook milite en effet pour une immigration ouverte pour soutenir l’innovation aux États-Unis. Avec le soutien de Bill Gates, Reid Hoffman, Reed Hastings (Netflix), Padmasree Guerrier (Cisco) et Marissa Mayer (Yahoo), il a monté le programme "fwd.us" qui réclame une "réforme globale de l'immigration". Mais comme c'est le cas en Europe, le sujet est très sensible aux États-Unis, en général, et en Californie, en particulier.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco