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Ubisoft sur l'entrée au capital de Bolloré: "des méthodes d'un autre temps"

Le PDG d'Ubisoft estime que les méthodes de Vincent Bolloré relèvent "d'un autre temps".

Le PDG d'Ubisoft estime que les méthodes de Vincent Bolloré relèvent "d'un autre temps". - Ubisoft - Mark Ralston - AFP

Le cofondateur de la société de jeux vidéo Ubisoft s'indigne des méthodes de Vivendi qui vient d'acquérir 6% de son capital, et estime ne pas avoir besoin du groupe de Vincent Bolloré.

Comme une "agression". Voici comment Yves Guillemot, le cofondateur de l'éditeur français de jeu vidéo Ubisoft, a ressenti l'irruption du groupe Vivendi dans le capital de son entreprise. Le PDG fustige l'attitude de dirigeant Vincent Bolloré, dans un entretien au quotidien Les Echos paru ce jeudi.

"Nous avons le sentiment d'avoir vécu une agression. J'ai reçu un appel de Vincent Bolloré deux heures avant l'annonce de son entrée dans le capital d'Ubisoft. Il ne m'en a même pas parlé !", a déploré l'entrepreneur.

On n'entre pas dans une société en cassant la porte

"Prendre un pourcentage dans notre société sans discuter avec nous au préalable, ce sont des méthodes d'un autre temps. On n'entre pas dans une société en cassant la porte !", a-t-il encore dénoncé, fustigeant des méthodes "d'activiste".

Yves Guillemot a à nouveau insisté sur la volonté d'indépendance de son entreprise pour privilégier la "réactivité et la liberté de ton". "Dans le jeu vidéo, je ne connais pas une seule société qui fonctionne à l'intérieur d'un groupe de ce genre", souligne-t-il à propos de Vivendi.

Le dirigeant estime par ailleurs qu'Ubisoft est en conflit d'intérêt avec Vivendi, puisque le groupe de médias et contenus détient 6% du capital d'Activision Blizzard, géant américain du jeu vidéo. Il rappelle d'ailleurs que le patron de son concurrent avait reconnu, après avoir retrouvé son indépendance, que "Vivendi l'avait empêché d'être réactif et agile".

De nouveaux partenaires

Face à l'irruption de Vincent Bolloré, Yves Guillemot explique "étudier toutes les options possibles, y compris auprès de nouveaux partenaires". Après être entré au capital des éditeurs de jeux vidéo Ubisoft et Gameloft il y a deux semaines à hauteur respectivement de 6,6% et 6,2%, Vivendi a augmenté sa participation au capital des deux entreprises, pour la porter à 10,39% et 10,20%.

Le groupe est ainsi devenu le premier actionnaire d'Ubisoft, devant le fonds FMR LLC et la famille Guillemot, qui en détiennent plus de 9% chacun. Recentré dans les médias et la production de contenus, Vivendi a même affirmé ce lundi qu'il n'écartait pas une prise de contrôle d'Ubisoft et de Gameloft.

Troisième éditeur de jeux vidéo au monde, Ubisoft a réalisé un chiffre d'affaires de 96,6 millions d'euros au premier trimestre, en baisse de 73,2% par rapport à la même période l'an dernier, qui avait bénéficié de la sortie du hit "Watch Dogs".

N.G. avec AFP