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Twitter n'a toujours pas trouvé sa martingale

Twitter peine à monétiser son audience de plus de 300 millions d'utilisateurs.

Twitter peine à monétiser son audience de plus de 300 millions d'utilisateurs. - AFP Emmanuel Dunand

L'action a plongé à Wall Street hier soir, alors que les résultats trimestriels avaient fuité avant l'heure. Les investisseurs restent sceptiques sur le modèle économique de Twitter.

Ironie de l'histoire : les mauvaises nouvelles pour Twitter sont arrivées hier soir, mardi 28 avril, par un tweet... Quelques minutes avant la clôture de Wall Street, une fuite sur les résultats a provoqué une chute du titre : après l'effet de surprise, c'est la déception qui a envahit les investisseurs...

La progression du chiffre d'affaires trimestriel de Twitter, à 435 millions de dollars, s'est avérée un moins rapide que prévu par les analystes. Le réseau social a certes dépassé les 300 millions d'utilisateurs, mais le rythme des recrutements ralentit.

Le nombre d'abonnés sur mobile se situe aussi en dessous des attentes. Les améliorations censées rendre le site plus intuitif et les innovations dans le domaine de la vidéo n'ont, semble-t-il, pas suffisamment convaincu les internautes.

Mais, c'est surtout le modèle économique de Twitter qui préoccupe les marchés. Sur le dernier trimestre publié, la firme a perdu 162 millions de dollars, soit 23 % de plus qu'il y a un an à la même période.

Les nouveaux formats de publicité n'ont pas le succès attendu

Les analystes et les investisseurs s'interrogent sur l'incapacité de Twitter à monétiser et à rentabiliser son audience.

Le directeur financier, Anthony Noto, a attribué ses performances inférieures aux attentes, au décollage insuffisant des revenus issus de ses publicités "de contenu" insérées dans le fil des mini-messages et assimilables visuellement à des tweets.

Cet insuccès relatif est d'autant plus inexplicable que ce type de publicité connaît un succès grandissant sur les autres réseaux sociaux comme Facebook.

Pour montrer qu'il reste à l'offensive, le PDG, Dick Costolo, a sorti de sa manche un accord avec Google qui facilitera l'achat d'espace publicitaire sur Twitter et permettra d'afficher les tweets dans les résultats du moteur de recherche.

C'est le deuxième accord conclu avec le géant du Web après celui ayant permis aux tweets d'apparaître dans les résultats du puissant moteur de recherche. Google serait-il le meilleur "allié" de Twitter ?

Simon Tenenbaum avec F.Bergé