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Télévision: Facebook sort l'artillerie lourde

Verra t-on bientôt des séries et des jeux télévisés sur Facebook? Le projet est déjà bien avancé. Le réseau social dévoilera des programmes dès le mois de septembre et devrait offrir des ponts d’or aux scénaristes capables de créer une série culte pour séduire les 13/34 ans.

Près de deux milliards de personnes dans le monde ont un compte Facebook. Pour ce public, le plus large jamais conquis par un média, Mark Zuckerberg prépare d’autres contenus que des vidéos virales. Le Wall Street Journal confirme les ambitions du groupe dans la télévision en révélant qu'une véritable machine de guerre avait été activée pour qu’à la fin de l’été, les premiers programmes puissent être diffusés.

Selon le quotidien, Facebook a donc déjà produit deux programmes pour la rentrée: Strangers, une série dramatique, et Last State Standing, un jeu télévisé. Mais ce n’est qu’un hors-d’œuvre. Le groupe américain serait prêt à payer jusqu’à 3 millions de dollars l’épisode pour une série de bonne qualité, qui pourrait devenir culte chez les 13/34 ans.

Le message s’adresse tout particulièrement aux scénaristes qui vont devoir choisir entre HBO, Fox, Netflix, Amazon, Apple et désormais Facebook pour présenter leur projet, mais pas n'importe lequel. Selon le WSJ, il faudra éviter les séries avec des enfants et de jeunes adolescents, les sujets politiques, et tout ce qui comporte des scènes de nu ou de la grossièreté verbale ou gestuelle.

Des mini-séries diffusées à heures fixes

Mais en parallèle, Facebook veut aussi relancer des séries lâchées en vol par les producteurs, au grand désarroi d’un public qui s’en est plaint... sur Facebook. Le WSJ évoque Loosely Exactly Nicole qui n’a tenu qu’une saison sur MTV avant d’être arrêté. 

L’autre idée, qui cette fois a été révélée il y a quelques semaines par Business Insider, repose sur des programmes courts (de 5 à 10 minutes) qui seront diffusés à heures fixes et qui se rafraîchiront tous les jours. Une méthode qui rappelle la télé d’avant, mais qui pourra attirer de nombreux internautes qui voudront poster des commentaires. Il serait même question que la rediffusion de ces mini-séries soit soumise à de nouvelles règles pour inciter à attirer le plus grand nombre de personnes à chaque épisode.

Plus d'annonceurs sans heurter le public

Si l’objectif affiché est de divertir les internautes, la stratégie du groupe est surtout de donner un nouveau souffle aux revenus publicitaires. Comme Sheryl Sandberg, numéro 2 de Facebook, le déclarait en février dernier lors de l'annonce des résultats de l'année 2016, l’équation à résoudre pour le réseau social est de continuer à développer des revenus sans exaspérer les internautes.

Actuellement, le groupe réalise plus de 90% de son chiffre d’affaires avec la publicité et malgré une progression plus qu’insolente (bénéfice multiplié par trois en 2016 et hausse du CA de 54% à 27,6 milliards de dollars), les choses ne peuvent continuer ainsi sans risquer un déclin. Facebook semble vouloir miser sur les vieilles méthodes de la télé.

Mais le groupe n’est pas le premier à viser ce marché. Il y a bien sûr Netflix et YouTube, mais aussi d'autres géants comme Amazon et Apple qui sont capables de dépenser des fortunes pour attirer les talents et les annonceurs. En laissant filtrer son projet, Facebook semble vouloir les prévenir de son arrivée dans le business et confirmer qu'il compte jouer de toute sa puissance pour mener cette bataille.

Pascal Samama