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Swatch veut affronter Apple dans les montres connectées

En Suisse, les fonctions de paiement mobile de la future Swatch connectée pourront être utilisées dans des commerces tels que Migros ou Coop, les deux principales enseignes suisses de grande distribution.

En Suisse, les fonctions de paiement mobile de la future Swatch connectée pourront être utilisées dans des commerces tels que Migros ou Coop, les deux principales enseignes suisses de grande distribution. - TASOS KATOPODIS GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L'horloger suisse lancera au printemps une montre connectée à Internet intégrant des fonctions de paiement mobile et des applications compatibles avec Windows et Android. Un rival de poids pour la future Apple Watch.

La menace la plus redoutable pour la future montre connectée d'Apple pourrait venir de Suisse.

Swatch se prépare à lancer dans les deux ou trois prochains mois une montre qui pourra communiquer via Internet. Elle intégrera aussi des fonctions de paiement mobile, de communication et des applications qui fonctionneront sous Windows et Android, a expliqué Nick Hayek, son directeur général, à Bloomberg. Son lancement commercial pourrait intervenir à la même période que l'Apple Watch, laquelle sortira probablement en avril 2015.

En Suisse, les fonctions de paiement mobile pourront être utilisées dans des points de vente tels que Migros ou Coop, les deux principales enseignes de grande distribution dans le pays alpin, a ajouté le fils du fondateur du groupe horloger.

Contrairement à l'Apple Watch, qui aura une autonomie limitée, la future Swatch n'aurait pas besoin d'être rechargée. 

La montre connectée Swatch se rechargerait par énergie cinétique

L'horloger maîtrise, en effet ,une technologie baptisée Autoquartz qui permet la recharge par l'énergie cinétique produite par les mouvements du poignet. Il dispose aussi de brevets sur les batteries miniaturisées au rendement sans cesse amélioré.

Son autre point fort, dans sa future joute commerciale face à Apple, sera la capillarité de son propre réseau de points de vente. Enfin, se posera la question du prix. L'horloger suisse pourrait être tenté d'attaquer Apple sur ce terrain.

Nick Hayek s'était longtemps montré sceptique face aux montres connectées, pointant que les montres se définissaient avant tout comme un bijou. En septembre 2014, lorsqu'Apple avait dévoilé sa montre connectée, de nombreux horlogers s'étaient montrés perplexes face aux ambitions du groupe californien sur ce marché.

Ces derniers mois, plusieurs marques suisses de luxe se sont ravisées. Tag Heuer, une des marques phares du groupe de luxe français LVMH, avait fait savoir en décembre 2014 qu'il comptait se lancer sur ce créneau, son patron, Jean-Claude Biver, estimant que ces technologies devaient pouvoir trouver leur place dans le luxe. Cette montre pourrait embarquer des fonctions de géolocalisation et de suivi de paramètres biologiques de son porteur.

Lors du Salon international de la haute horlogerie (SIHH), qui s'est tenu en janvier 2015 à Genève, Montblanc, une des griffes du groupe de luxe Richemont, a, quant à elle, présenté un bracelet connecté, équipé d'un petit écran digital relié au smartphone en technologie bluetooth.

Frédéric Bergé