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Stéphane Richard: "Orange doit faire sa mue"

Stéphane Richard a fait adopter le changement de nom de France Telecom

Stéphane Richard a fait adopter le changement de nom de France Telecom - -

Invité de Good Morning Business ce mercredi 29 mai, le président d'Orange a plaidé pour que l'opérateur télécom développe fortement les services apportés autour du numérique tout en continuant le développement dans les réseaux.

"Orange est une grande marque mondiale", a lancé Stéphane Richard, le PDG de groupe qui, mardi 28 mai, a fait acter par son conseil d'administration le changement de nom de l'ex-France Telecom. Une modification qui "s'est faite dans la douceur", y compris au niveau des personnels, s'est-il félicité.

Mais, a-t-il poursuivi, "Orange doit faire sa mue, car un changement de nom ne fait pas une stratégie". Quelle est donc cette stratégie ? "Passer des télécoms à l'Internet", a-t-il résumé.

Services autour du numérique

Pour Stéphane Richard, "la question des réseaux est bien sûr centrale". Il a rappelé qu'Orange investissait beaucoup dans le très haut débit, que ce soit dans la fibre optique ou la 4G. Mais cela ne suffit pas.

"Il faut qu'Orange soit aussi présent dans les services apportés autour du numérique". Sur ce point, il a expliqué qu'il revenait d'une visite chez Google aux Etats-Unis. " Google a commencé dans les contenus et s'intéresse aujourd'hui aux réseaux. C'est l'inverse de nous, mais nous nous retrouverons au bout du compte". Ajoutant : " il y a une fécondation à trouver entre les réseaux et les services".

Idéologie de la concurrence à tout crin

Le PDG d'Orange a plaidé pour que son groupe fédère "un éco-système de start-up et de PME et accueille dans ses laboratoires des chercheurs et des créateurs d'entreprise" du monde de l'Internet.

Concernant les contenus, il a une nouvelle fois plaidé pour "le modèle payant" afin de ne pas être dépendant de la publicité.

Il est aussi revenu dans l'interview de BFMBusiness sur un sujet qui lui tient à coeur : la consolidation du secteur des opérateurs. "Il y en a 100 en Europe et 4 aux Etats-unis", a-t-il rappelé. "On est en Europe dans l'idéologie de la concurrence à tout crin. L'Europe a tort (...) Le risque est de prendre un vrai retard".

Mais il estime qu'il y a désormais de la part de Bruxelles "une prise de conscience", tout comme chez les politiques français. En revanche, cette prise de conscience n'existe pas du côté du régulateur", à savoir l'Autorité de la concurrence qui privilégie toujours la logique consumériste au détriment de la logique industrielle qui permet des investissements.

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P.C.