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Sous tension, le réseau électrique a frôlé, jeudi soir, le "black out"

Le gestionnaire du réseau de transport électrique français, RTE, a pour mission d’assurer l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité dans l'Hexagone.

Le gestionnaire du réseau de transport électrique français, RTE, a pour mission d’assurer l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité dans l'Hexagone. - Pascal Pavani-AFP

Le réseau électrique français a été fortement mis sous tension, jeudi 10 janvier, vers 21h00, forçant RTE (Réseau transport d'électricité) à demander à certains industriels de réduire leur consommation pour éviter un "black out" et le risque de massives coupures de courant. L'Hexagone a été impacté par un déséquilibre entre offre et demande se situant en dehors du territoire national.

Il ne régnait pas un froid glacial jeudi 10 janvier sur l'Hexagone mais le réseau électrique a eu du mal à soutenir la demande vers 21h00. Selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), "la fréquence du système électrique français et européen est passée très en dessous de 50 Hz", soit la fréquence de référence lorsque le réseau électrique est équilibré, une baisse qui aurait pu entraîner "des coupures importantes voire un black out".

Cette forte baisse de la fréquence du système électrique s'explique lorsque il y a un fort déséquilibre sur le réseau, la demande étant devenue largement supérieure à l'offre, c'est à dire la capacité de production du réseau électrique.

L'équilibre offre-demande était assuré pour la France

En occurrence, jeudi soir l'équilibre entre offre et demande était assuré pour la France, le problème s'étant situé au niveau européen. "Le levier actionné a permis de sécuriser le réseau européen", explique-t-on du côté de RTE dont la mission, conjointement avec ses homologues européens, est d’assurer l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.

"Cet épisode a conduit RTE à faire appel aux consommateurs industriels interruptibles à 21h02 leur demandant de réduire instantanément leur consommation d'électricité de plus de 1500 MW pour faire remonter la fréquence", a précisé la CRE.

RTE cherche à identifier la cause profonde du problème

Le régulateur de l'énergie s'est félicité "de la bonne réponse des industriels interruptibles à la sollicitation de RTE : grâce à leur réactivité, ils ont contribué à assurer la sécurité d’alimentation en électricité en France, et plus largement en Europe. Selon la CRE, la mesure préventive prise a "permis d'assurer la sécurité du réseau électrique et éviter tout risque de coupure en France et en Europe". Mais, le régulateur précise avoir demandé à RTE de "travailler avec ses partenaires européens afin d'identifier la cause de cet événement".

Mi-novembre 2018, RTE avait estimé que la sécurité d'approvisionnement en électricité de la France devrait être assurée pour l'hiver mais anticipait une période de "vigilance" en janvier et février. "Cet hiver, si nous avons des conditions de température normales, c'est-à-dire correspondant aux normales de saison, il n'y a pas d'alerte particulière", avait alors expliqué Jean-Paul Roubin, directeur de l'exploitation.

Des mesures graduelles prévues en cas de déséquilibre

Le gestionnaire du réseau d'électricité avait par ailleurs rappelé que, si besoin est, notamment si les températures devenaient extrêmement froides ou que des moyens de production s'arrêtaient de manière fortuite, il était possible de faire appel à des mesures exceptionnelles.

Ces mesures vont de la baisse de tension sur le réseau à l'appel à des gestes citoyens d'économie d'énergie, en passant par le recours à l'interruptibilité de gros consommateurs industriels sélectionnés par appel d'offres, mesure appliquée le 10 janvier. Enfin, "en dernier recours", des coupures de courant localisées et tournantes peuvent être organisées, rappelle RTE.

Frédéric Bergé avec AFP