BFM Business

Satellites perdus de Galileo: l'ESA dédramatise

Après le lancement raté de deux satellites, l'ESA devra assumer seule les coûts techniques et financiers de cet echec.

Après le lancement raté de deux satellites, l'ESA devra assumer seule les coûts techniques et financiers de cet echec. - Stephan Jansen - AFP

L'agence spatiale européenne a perdu deux satellites dans le cadre de son projet de GPS Galileo, mais malgré le coût financier, qu'elle supportera seule puisqu'ils n'étaient pas assurés, elle reste stoïque.

L'Europe va-t-elle payer cher le lancement raté de Galileo, le GPS européen? D'autant que l'ESA n'a souscrit aucune assurance en cas de problème avec ses satellites, aujourd'hui quasiment perdus dans l'espace.

Pour l'Agence spatiale européenne (ESA), il n'y a presque aucune chance pour qu'ils rejoignent l'orbite prévue.

Or un satellite comme ceux utilisés dans le programme Galileo coûte 40 millions d'euros pièce. Deux satellites qui s'égarent, c'est donc 80 millions perdus dans l'espace. Une somme à laquelle il faut ajouter le prix du lanceur Soyouz: 70 millions d'euros.

150 millions d'euros

Au total, le lancement raté des deux satellites pourrait coûter 150 millions à l'Agence spatiale européenne. Pour autant, cette dernière reste stoïque. Elle a "fait ses calculs", d'après l'un de ses porte-paroles, "assurer tous les satellites et tous les lanceurs lui aurait coûté autrement plus cher que 150 millions d'euros".

En outre, l'agence rappelle qu'elle a acheté ses satellites et ses lanceurs en série. Autrement dit, elle a bénéficié d'un prix de gros. L'erreur lui coûterait donc beaucoup moins que les 150 millions évoqués.

Enfin, l'agence spatiale affirme que le programme Galileo, pour fonctionner normalement, n'a besoin en réalité que de 27 satellites, et pas de 30. Elle peut donc se permettre d'en égarer trois. Elle a déjà grillé deux cartouches. "Ce n'est pas marrant, mais ce n'est pas non plus dramatique", résume l'ESA.

Qu'est-ce que Galileo?

Le futur système de navigation par satellite 100% européen a été lancé pour rivaliser avec l'Américain GPS. Les premiers satellites des trente qui doivent composer le système ont été lancés en 2011.

La Commission espère acquérir ainsi son indépendance vis-à-vis des systèmes étrangers de la navigation satellites, un secteur qui génère selon elle 7% du PIB de l'Union européenne. Elle estime que Galileo va rapporter 90 millions d'euros à l'économie européenne, en revenus directs et indirects.

C'est une petite PME allemande, OHB, qui conçoit et fabrique les satellites. Un contrat qu'elle avait raflé aux géants du secteur, notamment une filiale d'EADS. Après quelques retards techniques et de livraisons, elle est désormais épaulée par Thalès Athenia Espace.

Thomas Sasportas