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Pourquoi le cloud hybride séduit de plus en plus les entreprises

La tendance se porte de plus en plus sur le cloud hybride, car il tire parti à la fois des avantages du cloud public et privé.

La tendance se porte de plus en plus sur le cloud hybride, car il tire parti à la fois des avantages du cloud public et privé. - Pixabay

Pour le moyen terme, les professionnels sont nombreux à louer la flexibilité et la rapidité de déploiement des ressources du cloud hybride. Les entreprises s'y mettent peu à peu.

"Depuis 2012, le cloud est vraiment passé dans une logique hybride", souligne Frédéric Charles, directeur des domaines SI chez Suez Environnement, dans un entretien récent sur BFMBusiness. L’hybride est une solution intermédiaire dans laquelle l’entreprise détient certaines ressources en propre et en loue d’autres auprès d’un ou plusieurs hébergeurs tiers.Cette combinaison nécessite alors l’adoption de standards technologiques communs afin d’assurer la portabilité des applications. Une formule qui plait aux entreprises. En 2014, le cabinet Gartner prévoyait ainsi que 43% des grands groupes auraient déployé du cloud hybride d’ici à la fin 2017.

Le choix d’un cloud hybride serait-il la meilleure façon de tirer profit de l’hébergement à distance ? Beaucoup en sont convaincus, à l’image de Frédéric Charles mais aussi de Mikael Robert, ancien architecte d’infrastructure au sein du cabinet de conseil Octo Technology, désormais consultant indépendant en DevOps Cloud. "La tendance se porte sur l’hybride. Il a à la fois les avantages et les inconvénients des deux, cloud privé et public", assure-t-il. L’hybride permet en effet d’alterner entre les deux modèles en fonction de la conjoncture; de répartir par exemple chaque projet, maquette ou campagne de tests, entre privé et public. La DSI se comporte un peu en "cloud broker".

Diminution des charges d’exploitation internes

Ce mode de stockage mixte "autorise aussi à garder en interne le contenu confidentiel et à stocker le reste sur un cloud public. Cela diminue largement les charges d'exploitations d'infrastructure, cantonnées au minimum requis", souligne Mikael Robert. Cette méthode de stockage peut aussi être utilisée "en débordement" c’est-à-dire en ajustant les ressources, afin d’absorber un pic de charge imprévu par exemple.

Une entreprise ayant développé un cloud privé pourra stocker dans le cloud public des applications qui relèvent du marketing, pour s’adresser à une catégorie de clients sur une opération spéciale et limitée dans le temps, ou bien pour travailler sur projet de façon collaborative avec une filiale implantée à l’autre bout du monde. Autre exemple, les couches applicatives d’une application peuvent être hébergées dans le cloud privé et la couche de présentation de cette même application stockée dans le cloud public, puisque celle-ci requiert une grande élasticité et ne gère pas de données critiques. "Nous recensons beaucoup de cas d’usage allant en ce sens, confirme Johnny Da Silva, directeur de la business unit Cloud de LinkbyNet. D’autant que cette méthode aide aussi à la répartition du stockage dans des serveurs situés dans le monde entier, au plus près des utilisateurs, et donc de réduire le temps de latence. La bande passante nécessaire sur le cloud privé est réduite et coûte donc moins cher". Pour lui, "l’avenir du cloud à moyen terme est effectivement à l’hybride", bien qu’à long terme il le voit plutôt évoluer vers du public à 100%.

Changement de mentalité au sein des DSI

Pour le moment, toute la difficulté réside dans la bonne recette à appliquer pour associer éléments privés et publics, en fonction des besoins et des contraintes de l’entreprise, notamment sécuritaires et réglementaires. Le cloud hybride implique aussi de réussir à utiliser une même technologie de bout en bout, et de parvenir à s’y retrouver dans la complexité de gestion des identités et des autorisations diverses aux différentes applications. Du coup, son utilisation induit un changement de mentalité des DSI qui devront penser services plutôt que ressources. Des plates-formes de gestion telles que Cloudstack, OpenStack ou Eucalyptus peuvent aider à opérer cette répartition.

Adeline Raynal