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Pour le président de Cisco, "la France est un endroit génial pour faire des affaires"

Le président exécutif de Cisco était l’invité ce mardi de Good Morning Business sur BFM Business.

"France is the next big thing". Voilà ce que martèle depuis deux ans John Chambers, le président exécutif du conseil d'administration de Cisco en interview ou lors de ses déplacements en Allemagne, en Israël, ou encore au Royaume-Uni. Selon celui qui a été pendant vingt ans PDG de l'entreprise américaine spécialisée dans les réseaux et les serveurs, la France est devenue "un endroit génial" pour faire des affaires. "Il y a 5 ans, personne n’aurait investi en France alors qu’elle est devenue la 'start-up nation' de l’Europe" a-t-il précisé assurant avoir suivi avec intérêt l’essor des start-up dans l’Hexagone.

"Il y a une véritable opportunité à saisir en France et pas seulement pour Cisco" affirme John Chambers, reconnaissant toutefois que l'entreprise "investit plus en France que dans tous les pays du monde". Chaque année, Cisco investit en effet plusieurs millions d'euros dans l'Hexagone. Il y a 18 mois l'entreprise a annoncé vouloir consacrer 200 millions d'euros supplémentaires aux start-up françaises dans les prochaines années.

Avoir la même culture

Avant de prendre une telle décision, John Chambers et ses équipes étudient plusieurs paramètres. "Je prends en compte l'action du gouvernement envers les start-up, je cherche à savoir si elles ont vraiment la possibilité de créer" quelque chose de nouveau, de créer la rupture. "Cisco investit plus de 2,5 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) dans des start-up. Ce qui est quelque chose de plutôt inhabituel" explique-t-il. 

En France, l'entreprise américaine cherche aussi à créer de nombreux partenariats avec des fleurons hexagonaux comme Atos ou Thales. Dans tous les cas, "si nous n'avons pas la même culture ni la même confiance mutuelle, cela ne sert à rien de s'engager" précise le président exécutif de Cisco qui salue l'esprit d'aventure des jeunes entrepreneurs français. 

La question de la formation est essentielle

Outre cette relation de confiance entre jeunes et grandes entreprises, John Chambers est attaché à deux autres éléments fondamentaux: la formation et la réforme de l'État. "Il faut reformer la main d'oeuvre et les jeunes à l'école et ensuite prendre des risques dans l'éducation", à l'image de ce que propose 42, l'école de Xavier Niel ou encore l'Académie Cisco qui a formé près de 250.000 personnes en 3 ans.

Pour y parvenir, il faut, selon lui, "des politiques au niveau national, ce qu'ont bien compris les dirigeants français". "Le président Hollande a récemment parlé d'une économie start-up. Il sait très bien que la transformation numérique a lieu et que cela change la vie des gens" ajoute-t-il. 

A.M.