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Pour le patron de l'innovation de HSBC, les Fintechs ont déjà perdu face aux banques

Pour Christophe Chazot, le directeur de l'innovation chez HSBC, les start-up de la finance sont surtout une chance pour les grandes banques.

Pour Christophe Chazot, le directeur de l'innovation chez HSBC, les start-up de la finance sont surtout une chance pour les grandes banques. - HSBC - Wikipedia - Montage BFM Business

Les start-up de la finance, un danger pour les banques? Au contraire pour ce ponte de HSBC qui estime que ces dernières sont en train de reprendre la main en s'associant bien souvent à elles.

Les start-up de la finance (les Fintechs) menacent-elles la suprématie des banques? C'est en tout cas la crainte de nombreux acteurs du monde de la finance. Car outre l'émergence de nombreuses start-up dans le monde du paiement en ligne ou entre particuliers, du financement (crowdfunding et autres), le bitcoin et l'arrivée de l'intelligence artificielle avec les robot-conseillers, ce sont des géants de la tech qui s'attaquent à leur tour à leur forteresse des banques comme Orange avec sa banque ou Apple avec son moyen de paiement.

Sauf que la disruption des banques n'est pas pour demain. C'est en tout cas ce qu'estime Christophe Chazot, le français directeur de l'innovation du groupe HSBC. "On pensait que les jeunes acteurs allaient "disrupter" les anciens mais ils n'attaquent pas directement les profits des banques, les taux d'intérêt à 0% sont bien plus dommageables pour le secteur que les Fintechs", explique-t-il. Une analyse que semblent aussi partager les investisseurs. Le secteur a attiré moins d'argent en 2016 avec 12,5 milliards d'euros levés contre 14 milliards un an plus tôt. Un recul de 15% en valeur et même de 20% en nombre de deals

Le grand public pas toujours au rendez-vous

La folie Fintech est-elle passée? Pour ce fin connaisseur des technologies et de la finance certaines activités sont en tout cas plus impactées que d'autres. "On le voit aujourd'hui de nombreuses Fintechs sont en difficultés, analyse-t-il. Les robots conseillers ont du mal à continuer à croître et sont de plus en plus concurrencés par les sociétés de gestion d'actif. Dans le transfert de paiement entre particuliers (le peer to peer) les sociétés croissent moins vite. En Chine, 100 entreprises font défaut chaque mois dans ce secteur et l'anglais Zopa veut devenir une banque." 

Globalement ce sont les activités B to C (services aux particuliers) qui souffrent le plus. Les clients ne voient pas toujours l'intérêt de services comme le paiement sans contact avec mobile ou le transfert d'argent par exemple. D'autant que le grand public est plus difficile à convaincre et fait davantage confiance aux marques connues dans le secteur de la finance. "La disruption n'est pas fondamentale surtout dans nos pays où les banques sont bien implantées et développées", reconnaît Christophe Chazot. 

Quand les start-up s'allient aux banques

D'ailleurs ce sont elles qui profitent bien souvent des Fintechs. Ces dernières se tournent en effet de plus en plus vers les banques pour se financer et se développer. Depuis 2014 et la création d'un fonds de corporate venture, HSBC a ainsi pris des participations dans 8 entreprises. "Aujourd'hui on voit que ces start-up deviennent des fournisseurs de solution pour les grands groupes, explique le cadre de HSBC. Prenez Linxo par exemple qui est une appli de gestion de budget et d'agrégation de comptes bancaires et qui compte 1 million d'utilisateurs en France. Au départ c'était un concurrent puisqu'ils opéraient directement auprès du grand public. Maintenant ils proposent leur solution aux banques en marque blanche et nous nous sommes associés à eux pour proposer ce service à nos clients." Les Fintech deviennent en quelque sorte pour ces grands groupes des services de R&D externalisés et plus efficaces.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco