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Pour déployer sa 5G en France, Orange a finalement décidé de se passer de Huawei

Stéphane Richard, le PDG d'Orange

Stéphane Richard, le PDG d'Orange - Riccardo Savi / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le groupe a annoncé la poursuite de son partenariat avec Nokia et Ericsson, alors même que L'Union européenne avait ouvert la porte à l'équipementier chinois.

Orange ne fera pas affaire avec le chinois Huawei pour développer la 5G en France. Le groupe l'a annoncé, ce vendredi dans un communiqué. "Nokia et Ericsson, partenaires industriels de longue date du groupe Orange, fourniront un ensemble de produits et services permettant le déploiement du réseau 5G sur l’ensemble du territoire", affirme le groupe de télécoms qui précise que l’accord "inclut les antennes ainsi que des services professionnels associés".

Le choix des deux Européens, s'il s'inscrit donc dans la prolongation d'un partenariat, est aussi la conséquence d'une controverse mondiale autour du Chinois Huawei, accusé par les Etats-Unis d'espionnage. Si Orange n'a pas évoqué le sort de cet équipementier dans son communiqué, il semble que les pressions exercées depuis plusieurs mois ont eu raison du numéro 1 mondial dans l'appel d'offres.

Les recommandations européennes

Le PDG Stéphane Richard avait pourtant régulièrement mis en garde, notamment sur le plateau de BFM Business, sur l'exclusion de Huawei des appels d'offres dans la 5G. "Si Huawei doit disparaître complètement du circuit, cela posera de vrais problèmes : des retards importants qui ne toucheront que l’Europe, des surcoûts" expliquait-il en mai dernier.

Le gouvernement français avait d'ailleurs choisi de ne pas interdire Huawei et l'Europe a pris le même chemin, en ouvrant la porte à ce concurrent controversé. "Il ne s'agit pas d'être discriminant, il s'agit tout simplement de fixer des règles" expliquait en début de semaine le commissaire européen Thierry Breton devant les eurodéputés. "Elles seront strictes, elles seront exigeantes et évidemment on accueillera en Europe tous les opérateurs qui voudront bien les appliquer."

Bannir l'opérateur gênant

En pratique, il était tout de même vivement conseillé de choisir les deux Européens. Une façon de bannir l'opérateur gênant s'en redouter les foudres de la diplomatie chinoise.

Le Finlandais Nokia fournira les "antennes et services progressionnels associés" pour les régions Ouest et Sud-Est, où il est déjà présent en tant que fournisseur des réseaux 2G, 3G et 4G, tandis que le Suédois Ericsson équipera les réseaux de l'Ile-de-France, du Nord-Est et du Sud-Ouest où il est également présent.

Le contrat concerne les cinq prochaines années et "le déploiement commence immédiatement (...) afin que le réseau 5G d'Orange France soit prêt pour lancer les services 5G quand les fréquences seront disponibles courant 2020", a précisé Ericsson dans un communiqué.

Thomas Leroy, avec l'AFP