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Pont effondré à Gènes: le gouvernement italien veut révoquer la concession autoroutière

Au lendemain de la catastrophe de Gênes, où un viaduc autoroutier s'est en partie effondré, faisant au moins 35 morts, le ministre italien des Transports a lancé une procédure de retrait de la concession autoroutière de la société Autostrade per l'Italia, filiale du groupe Atlantia.

Le gouvernement italien met en cause le concessionnaire de l'autoroute A 10 qui traverse Gênes et dont un viaduc s'est effondré mardi 14 août provoquant la mort d'au moins 35 personnes. Le nouveau pouvoir, mis en place en juin 2018 dans la péninsule, a annoncé qu'il envisageait de révoquer la concession de la société autoroutière privée Autostrade per l'Italia, qui exploite l'autoroute A10 parcourant en son coeur le grand port italien.

"Pour commencer, les dirigeants d'Autostrade per l'Italia doivent démissionner. Et vu qu'il y a eu de graves défaillances, nous avons entamé les procédures pour l'éventuelle révocation des concessions et pour infliger jusqu'à 150 millions d'euros d'amende", a annoncé sur Facebook le ministre des Infrastructures et des Transports, Danilo Toninelli, avec le soutien des poids-lourds du gouvernement d'Italie.

Luigi Di Maio accuse le concessionnaire d'autoroute

Pour Luigi Di Maio, vice-Premier ministre et chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste), le pont "ne s'est pas écroulé par fatalité mais parce que la maintenance n'a pas été faite". "Les responsables ont un nom et un prénom, et ce sont Autostrade per l'Italia", a-t-il martelé à la radio.

"Pendant des années on a dit que faire gérer les autoroutes par des privés était mieux que par l'État. Maintenant on a l'un des plus grands concessionnaires européens qui nous dit que ce pont était en sécurité et que rien ne laissait imaginer l'effondrement", a raillé M. Di Maio.

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"Autostrade devait faire la maintenance et ils ne l'ont pas faite. Ils encaissent les péages les plus chers d'Europe et paient les impôts les plus bas, au Luxembourg en plus. Il faut retirer les concessions et faire payer des amendes. Si un privé n'est pas en mesure de gérer les autoroutes, l'État le fera", a-t-il prévenu.

Des travaux de rénovation du viaduc étaient en cours

Mise en cause aujourd'hui, la direction d'Autostrade per Italia avait rappelé mardi 14 août que d'importants travaux de rénovation avaient été menés sur le viaduc en 2016.

La société autoroutière avait récemment lancé un appel d'offres de 20 millions d'euros pour des interventions sur le viaduc, rapporte l'agence de presse économique Radiocor. Cet appel d'offre prévoyait précisément un renforcement des câbles de certaines piles (structures verticales qui soutiennent les arches d'un pont), dont la pile numéro 9, celle qui s'est écroulée mardi.

La maison-mère du gestionnaire de l’autoroute italienne A10, qui emprunte le viaduc qui s'est effondré à Gênes, n’est autre qu’Atlantia, un géant mondial des infrastructures contrôlé à hauteur de 30% par la célèbre famille italienne Benetton.

F.B avec AFP