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Orange, seul maître à bord du "nuage souverain" Cloudwatt

Orange veut renforcer son offre de services de cloud computing pour les entreprises, un axe qui fait partie intégrante de la stratégie présentée récemment par Stéphane Richard.

Orange veut renforcer son offre de services de cloud computing pour les entreprises, un axe qui fait partie intégrante de la stratégie présentée récemment par Stéphane Richard. - Erix Piermont (AFP)

L’opérateur historique a racheté la totalité de la société de stockage en ligne lancée pour offrir aux entreprises et aux administrations une alternative aux offres d’Amazon, Cisco, IBM, Microsoft ou Google.

L'opérateur de télécoms Orange a annoncé vendredi le rachat de 100% de la société de stockage de données en ligne Cloudwatt, créée pour fournir à la France une alternative aux géants américains du secteur.

Orange, qui détenait déjà 44,4% de Cloudwatt, acquiert les titres détenus par Thales (22,2%) et la Caisse des Dépôts (33,3%). L'opérateur précise dans un communiqué qu'"il intervient en son nom et pour le compte de l'Etat dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir".

Le cabinet d'Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du numérique n'était pas joignable pour commenter cette information. Le lancement à l'automne 2012 de Cloudwatt était intervenu après la décision de faire émerger un "nuage" souverain français, jugé indispensable à la suite de l'affaire Snowden sur la vulnérabilité des données facilement espionnables par les Etats-Unis.

Polémique : un financement d'Etat de 75 millions d'euros

Alliant à l'origine ressources publiques et privées, Cloudwatt, qui a réalisé un chiffre d'affaires de moins de 3 millions d'euros en 2014, coexiste depuis le départ avec un projet concurrent, intitulé Numergy. Ce dernier a été lancé par Bull et SFR, respectivement rachetés ensuite par Atos et Numericable. Comme son concurrent Numergy, Cloudwatt a bénéficié d'un financement de l'Etat s'élevant à 75 millions d'euros.

Cette division en deux entités séparées du projet avait dès le départ suscité de nombreuses critiques. L'objectif était de créer des entreprises nationales capables d'offrir aux entreprises et administrations le stockage sur le sol français de données informatiques sensibles, pour créer une alternative aux offres des géants américains de l'informatique tels Amazon, Cisco, IBM, Microsoft ou Google, leaders sur le marché français.

Le choix de favoriser ces deux rivaux créés de toute pièce a suscité la colère d'autres acteurs français importants du secteur comme OVH, Gandi et Ikoula mais aussi de start-up tricolores telles que Cozy Cloud et Lima.

L'idée d'une fusion de Numergy avec Cloudwatt, évoquée l'an dernier par la secrétaire d'Etat chargée du Numérique Axelle Lemaire pour limiter les dégâts, a été abandonnée, les absorptions successives de SFR par Numericable puis de Bull par Atos ayant en effet compromis cette solution.

Pour Orange, dont le métier de base n'est pas le Cloud, la prise de contrôle de Cloudwatt "renforce son offre de services de cloud computing (nuage informatique) pour les entreprises, qui est un axe important du plan stratégique du groupe" à l'horizon 2020, présenté mardi, a souligné l'opérateur. Dans ce contexte très difficile, "seul un projet souverain à vocation européenne et pas seulement française apparaît viable", résume Bernard Ourghanlian, directeur technique et sécurité de Microsoft France.

P.S. avec AFP