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Niel prépare "une surprise" pour ses abonnés mobile

Xavier Niel était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 4 novembre.

Xavier Niel était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 4 novembre. - BFM Business

Invité de BFM Business ce 4 novembre, au lendemain de sa récompense aux BFM Awards, Xavier Niel a martelé les vertus de l'optimisme, selon lui principal ingrédient de la réussite entrepreneuriale.

Lundi 3 novembre au soir, il s'est vu décerner l'Award du Grand prix créateur BFM. Ce mardi, Xavier Niel était sur BFM Business. Une interview fleuve d'une heure durant laquelle le fondateur de Free a chanté les louanges de la France et relativisé les difficultés du marché des télécoms.

> Sur la France, un "paradis fiscal"

"La France est un paradis fiscal", avait dit Xavier Niel devant des étudiants à Science Po. Une phrase qui a fait bondir certains. Mais il persiste et signe. "Deux exemples: je suis entrepreneur et je veux céder mon entreprise. Quel est le pays industrialisé du monde où je vais payer le moins d'impôt? C'est la France, avec 23% d'impôt sur les plus-values si je détiens mon entreprise depuis plus de 8 ans. Et si je veux transmettre mon entreprise à mes enfants: 5 à 7% de fiscalité. Dans quel autre pays au monde cela existe?"

Le principal actionnaire de Free nie chercher à s'attirer les faveurs gouvernementales: "Je vous dis les avantages et les atouts de ce pays". En somme, il fait preuve d'optimisme, "l'ingrédient pour qu'un entrepreneur réussisse". Il cite son lancement dans le mobile: "en 2007-2008, on se dit qu'on va investir des milliards d'euros pour aller chercher une licence, déployer un réseau. Les marchés financiers n'y croient pas, personne n'y croit. Il faut être optimisme, et même avoir une dose d'inconscience pour le faire".

> Sur l'investissement en France

"On fait du bashing sur la France quand c'est chez nous que ça se passe. Sur les incubateurs et la création d'entreprise, on est premiers! Quel est l'endroit du G20 où il est le plus facile de créer sa boîte? En France, on crée une entreprise en 7 jours, contre 22 jours en moyenne dans les autres Etats du G20", s'emporte le directeur général délégué à la stratégie d'Iliad.

Et si l'aspirant entrepreneur n'a pas de capital, il existe deux solutions selon lui: l'auto-entreprenariat et le capital risque. "Il existe en France, et il cartonne! Quand des jeunes viennent vous voir et vous disent qu'ils n'arrivent pas à trouver de fonds, la question, c'est est-ce que leur dossier mérite ces fonds? Quand on veut acheter T-Mobile aux Etats-Unis, on trouve 41 milliards de dollars. Vous avez l'impression qu'on a du mal à trouver du capital ici? Les gens qui ne trouvent pas de capital, plutôt que de se demander si leur projet est bon, ils disent que c'est la faute de la France et que ce serait plus simple aux Etats-Unis", fustige-t-il.

> Sur le rachat avorté de l'américain T-Mobile

Free a été éconduit par Deutsche Telekom (propriétaire de T-Mobile), et a renoncé à lancer un nouvel assaut.

Pour Xavier Niel, le problème n'était pas le prix mais les états d'âme de l'opérateur allemand: "il n'y a pas de vendeur. Il s'est dit que s'il vendait son plus gros actif, il allait se retrouver avec énormément de cash, donc ses actionnaires allaient vouloir un dividende. Après cette distribution, il ne serait plus le plus gros opérateur européen. Il deviendrait plus petit qu'Orange. Et si les autorités franco-allemandes lui demandent de fusionner avec Orange, il n'aurait pas le dessus".

Deuxième élément: "l'ego: le 3e ou 4e opérateur de France, -vu d'Allemagne, ce n'est pas grand-chose- veut racheter son premier actif. Avec le risque que Free réussisse là où Deutsche Telekom avait échoué…"

> Sur les concurrents dans les télécoms

"Nous sommes dans un marché sympathique un peu concurrentiel" où les concurrents de Free "font semblant de trembler", s'amuse le trublion des télécoms. "On est arrivé en 2012, ils ont tous pleuré, leurs cours de Bourse est aujourd'hui, pour tous, au-dessus de celui de 2012. SFR s'est vendu 15 à 17 milliards. Et deux acteurs soit-disant agonisants se sont battus pour acheter SFR. J'ai l'impression que ce marché va plutôt pas mal".

"Il y a encore beaucoup de choses à faire sur les prix des télécoms en France". Il a cité par exemple les prix exorbitants du "roaming", ces frais prélevés pour utiliser son smartphone à l'étranger. Ensuite, "d'ici fin février, on a une surprise pour nos abonnés. Un petit truc, beau, un petit machin sympa. On fera un keynote. Parce que je trouve qu'on s'est un peu endormi sur le mobile." Puis suivra la 7ème version de la Freebox "fin 2015". Xavier Niel a conclu à l'adresse de ses concurrents: "on est de retour!"

En revanche, il a exclu un rachat de Bouygues Telecom: "on n'est pas acheteurs". Et selon lui, "il n'y aura pas de consolidation", car aucune fusion entre opérateurs mobiles ne peut se faire sans la participation de Free.

Il prédit même que le marché va connaître un moment de vérité lors des enchères pour les fréquences 700 mégahertz prévues en 2015: "la mer va se retirer et on va voir les maillots. On verra qui sont les opérateurs qui investissent". Dans son collimateur, SFR et Bouygues, qui pourraient avoir du mal à surenchérir...

> Sur le déploiement du réseau Free

"On va atteindre les 75% (de couverture du territoire de réseau 3G) en avance par rapport à la date-limite fixée par l'Arcep. Et même, on vise les 95% d'ici deux ans". Il était temps car "utiliser le réseau d'Orange, cela nous coûte des fortunes, c'est horrible. Et on a des problèmes de saturation ici ou là. Mais quand on revient sur notre réseau, on fait de très forts profits". Quant à la 4G, Xavier Niel promet "plus de 50% de couverture à la fin de l'année".

Free déploie en même temps son réseau 3G et 4G. Pourquoi vendre les deux au même prix? "Vous trouvez qu'on ne fait pas assez de profits? Nous avons le sentiment de faire des profits justes. Vous voudriez qu'on fasse 50% de marges?"

N.G.