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Niel défie Bolloré en entrant au capital de Telecom Italia

Le fondateur de Free serait monté à titre personnel à hauteur de 11% du capital de l'opérateur historique italien.

Le fondateur de Free serait monté à titre personnel à hauteur de 11% du capital de l'opérateur historique italien. - Bertrand Guay-AFP

Le fondateur de Free a investi dans l'opérateur italien à titre personnel. Xavier Niel l'a déjà fait en rachetant Monaco Telecom ou l'ex-filiale d'Orange en Suisse. Mais Telecom Italia est la chasse gardée de Vivendi et de Vincent Bolloré.

Xavier Niel s'attaque à un grand opérateur télécoms en Europe. L'homme d'affaires français est entré au capital de Telecom Italia, selon l'agence Bloomberg, qui précise que Xavier Niel a acquis 6% de Telecom Italia via "un investissement personnel", et 5% au moyen de dérivés.

"Xavier Niel, dans une communication le 28 octobre 2015, a indiqué détenir au 21 octobre 2015 une position longue totale de 11,209% dans Telecom Italia via sa filiale indirecte Rock Investment avec droits de vote", indique l'autorité boursière italienne Consob.

Cet investissement n'implique aucunement Iliad (la maison-mère de Free), qui, précise un porte-parole, n'avait acquis aucune action ou droit de vote. Le montant de ces opérations avoisine 1,7 milliard d'euros, selon le cours du titre ce jeudi 29 octobre.

En réunissant 11,2% du capital de l'opérateur historique italien, Xavier Niel vient chasser sur les terres de Vincent Bolloré et de Vivendi.

Vivendi détient 20% de l'opérateur historique italien

Ce mouvement surprise risque de déplaire fortement à Vivendi, qui a renforcé sa participation dans l'opérateur italien de 19,9% à 20,03%, conformément à sa volonté de développer ses activités en Europe du sud.

L'irruption de Xavier Niel a dopé le cours de l'action Telecom Italia, qui progressait d'environ 6% en milieu de journée tandis que Vivendi reculait de 0,52% et qu'Iliad était stable.

Xavier Niel a déjà investi à titre personnel, via sa holding NJJ Capital, dans plusieurs opérateurs télécoms en Europe dont il a pris la majorité du capital, à savoir Monaco Telecom et la filiale mobile d'Orange en Suisse, rebaptisée Salt.

Mais c'est la première fois qu'il réalise un investissement significatif dans un géant des télécoms en Europe dont la capitalisation boursière était de 22,3 milliards d'euros, en milieu de journée, ce jeudi 29 octobre 2015.

F.Bergé avec agences