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Mobile : l'itinérance va continuer à coûter cher aux Européens

Les tarifs élevés du roaming mobile en Europe constituent encore une rente pour les opérateurs.

Les tarifs élevés du roaming mobile en Europe constituent encore une rente pour les opérateurs. - AFP Josep Lago

Bruxelles exigeait des opérateurs qu'ils cessent d'imposer, dès cette année, les surcoûts d'itinérance ("roaming") pour les appels et l'accès internet sur les mobiles. Mais les Etats ont négocié un délai supplémentaire de trois ans.

La fin en Europe des frais d'itinérance que paie l'abonné mobile hors de son pays d'origine (pour les appels, les SMS et l'internet), n'est pas pour demain !

Pourtant, l'échéance programmée de cette fin se rapprochait. Dans le "paquet télécoms" approuvé par le Parlement européen en avril 2014, il était prévu que plus aucun surcoût ne serait imposé, à la date du 15 décembre 2015, aux clients qui utilisent leur téléphone portable dans un autre pays de l'UE que le leur. Le texte devait ensuite être approuvé par les Etats. Mais, déjà fin 2014, les ministres européens des télécommunications avaient affiché leurs propres divergences sur le sujet.

Une manne pour les opérateurs !

Les opérateurs mobiles, pour qui ces frais sont une manne depuis plus deux décennies, ont toujours protesté contre la fin annoncée de ces tarifs qui ,en dépit de leur baisse régulière, continuent de leur rapporter chaque année, avec une marge confortable.

Voilà que le Conseil européen, qui représente les Etats membres, a adopté son mandat de négociation avec le Parlement européen concernant le "paquet télécom" proposé par la précédente Commission européenne.

Or, les Etats membres semblent s'être mis d'accord sur un texte de compromis. Il s'agit de demander à la nouvelle Commission "d'évaluer, d'ici mi-2018, quelles mesures supplémentaires pourraient être nécessaires pour éliminer à terme les frais d'itinérance".

Dans le détail, le mandat de négociation avec le Parlement, finalement adopté ce mercredi 4 mars, prévoit la mise en place d'un nouveau mécanisme de prix. Celui-ci rendra meilleur marché pour les usagers l'utilisation de leur téléphone portable lorsqu'ils voyagent dans l'UE.

Le groupe des Libéraux au Parlement européen, s'insurge !

Dans une certaine limite qui reste à fixer, les consommateurs pourront en effet passer et recevoir des appels, envoyer des SMS et transférer des données sans coût supplémentaire. Mais, au-delà de ce seuil, les opérateurs pourront toujours appliquer des tarifs supplémentaires. Autrement dit, en l'absence d'un forfait incluant les frais d'itinérance en Europe, le client continuera à payer plus cher son coup de fil, ses SMS et sa connexion Internet, lorsqu'il voyagera hors de son pays.

Le président du groupe des Libéraux (ADLE) au Parlement européen, le Belge Guy Verhofstadt, s'est immédiatement insurgé dans un communiqué contre cette position, la jugeant "extrêmement décevante". "Dire que ce texte manque d'ambition est un euphémisme", ajoute-t-il, prévenant que son groupe politique ne l'acceptera pas, car "les seuls gagnants sont les opérateurs de télécoms nationaux". "Les Etats membres devraient rougir de honte", a-t-il conclu.

F. Bergé avec AFP