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Mission Rosetta, un engouement sans précédent sur les réseaux sociaux

Le premier message du robot Philae une fois arrivé sur la comète, n’a échappé à personne, et pour cause, c’était un tweet!

Le premier message du robot Philae une fois arrivé sur la comète, n’a échappé à personne, et pour cause, c’était un tweet! - Capture d'écran

Le succès de la mission Rosetta et de l’arrivée du robot sur la comète Tchouri a également fait vibrer les réseaux sociaux. Un succès de communication pour l’ESA.

Le premier message du robot Philae une fois arrivé sur la comète, n’a échappé à personne, et pour cause, c’était un tweet! La frénésie médiatique autour de la mission spatiale Rosetta s’est en effet aussi emparée de la Toîle et des réseaux sociaux.

En moins d’une journée le nombre de followers du compte @ESA_Rosetta est passé de 120.000 à 230. 000. Même engouement sur la page Facebook créée par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) qui est passé de 45 000 "like" hier à près de 75.000 aujourd’hui. Les abonnés Instagram ont suivi le même mouvement, grimpant de 2.000 à 3.500 en moins de 24 heures.

La palme revient aux affichages Flickr qui de 57.000 ont explosé à 1,4 million de photos vues. Même le son de la comète 67P/Tchouri téléchargé hier 240.000 fois atteint aujourd’hui les 1,1 million de lectures.

L'engouement dépasse les spécialistes 

Un deuxième pari réussi donc pour l’ESA qui avait commencé à réactiver sa présence sur les réseaux sociaux et sur internet en janvier dernier alors même que les techniciens amorçaient le réveil de la sonde Rosetta en vue du prochain contact avec la comète.

A l’époque les communautés même grandissantes se limitaient encore aux spécialistes et passionnés du secteur. Les dirigeants de l’ESA souhaitaient eux aller plus loin dans leur communication.

S’inspirant de l’enthousiasme populaire et mondial de l’arrivée du rover Curiosity sur la planète Mars en août 2012 et de la notoriété qu’en avait alors tirée la NASA (dont les budgets étaient alors de plus en plus contestés par les élus américains) l’ESA a donc créé comptes Twitter, Facebook, Instagram, chaîne Youtube, etc. Les collaborateurs ont également été sollicités pour alimenter très régulièrement ces différents médias. 

Mieux faire passer la pilule du coût

L’objectif a été de rendre plus accessible et plus lisible les travaux des scientifiques auprès du grand public et de le sensibiliser davantage sur cet événement qui devrait marquer l’histoire spatiale mondiale. Un projet qui fait travailler chaque jour plus de 50 sociétés et 2.000 collaborateurs issus de 14 pays européens (dont 150 français pour la seule mission Rosetta).

Côté économique, la réussite de cette mission est aussi l’occasion de mettre l’innovation, la compétitivité et les partenariats européens sur le devant de la scène. Un effet d’image positif pour le vieux continent. Cette mission a d’ailleurs permis à un grand nombre d’américains d’apprendre que la conquête spatiale n’était pas l’apanage de leur seul pays.

La NASA a ainsi dû tweeter auprès de nombre de ses followers, qu’elle les remerciait pour leurs félicitations mais qu’elle n’y était pour rien dans la réussite de cette mission. Elle a du coup redirigé les messages vers l’agence européenne.

Parler positivement de ce projet constitue également un moyen de mieux faire passer le coût du projet de 1,4 milliard d’euros. Un montant qui couvre une période de presque 20 ans du début du projet en 1996 jusqu'à la fin de la mission en 2015. Et qui équivaut à -seulement- la moitié du prix d’un sous-marin ou de trois Airbus A 380. 

Frédéric Simottel