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Meerkat, la petite startup israélienne qui a vraiment fait peur à Twitter

Le Meerkat, suricate en français, est une petit animal qui surveille son environnement pour développer sa famille. C'est aussi le nom de cette startup qui a fait réagir Twittter dans l'urgence.

Le Meerkat, suricate en français, est une petit animal qui surveille son environnement pour développer sa famille. C'est aussi le nom de cette startup qui a fait réagir Twittter dans l'urgence. - Matthias Hiekel (DPA/AFP)

Le succès fulgurant de Meerkat, une appli de vidéo en direct développée par une startup israélienne, qui en quelques semaines a converti des centaines de milliers de tweetos a obligé Twitter a trouvé la parade. Son nom ? Periscope. Explications.

Branle-bas de combat chez Twitter pour affronter, non pas un géant des technologies comme Facebook ou Snapchat, mais une petite startup qui a eu l’idée que Twitter aurait du avoir.

Meerkat (voir vidéo en fin d'article), c’est son nom, a mis au point une application pour diffuser sur le fil du site de microblogging, des vidéos en direct. Et depuis son lancement, en février dernier, elle a bouleversé la stratégie d’une des plus importantes entreprises du Web.

Son adoption s’est développé comme une vague qui a rapidement conquis des centaines de milliers de Tweetos. Et cet essai s’est transformé en cash avec une levée de fonds de 12 millions de dollars auprès de Greylock Partners, l’un des fonds d’investissement les plus actifs de la Silicon Valley.

La stratégie du coucou, qui consiste à utiliser un nid fait par un autre, a donc bien fonctionné. Et c’est bien ce qui a inquiété la société de Jack Dorsey.

Face à cette déferlante, Twitter a réagi en catastrophe dès les premiers jours du mois de mars. D’abord en laissant fuiter son intention de racheter County Labs, une startup californienne qui avait un projet similaire non encore abouti.

Periscope, arrive après-coup pour faire mieux que Meerkat 

Periscope, c’est le nom de l’appli, n’était à ce moment qu’au stade de la bêta. Les équipes ont donc travaillé d’arrache-pied pour développer une version finale en deux semaines. Elle est accessible depuis le 26 mars sur les magasins d’Apple et Google pour affronter Meerkat. Par contre, les développeurs n’ont pas eu le temps de la traduire. Pour le moment, elle n'est disponible qu’en anglais.

La nouvelle appli n’est pas une pâle copie de Meerkat. Twitter a fait mieux avec la possibilité d’envoyer des alertes pour prévenir son réseau qu’un "live" va démarrer. Elle offre aussi une fonction de rediffusion pour ceux qui ne sont pas disponibles pour le direct.

Et, aux grands maux, les grands moyens. Twitter tente aussi de convaincre les milieux politiques américains d’utiliser Periscope. Comme l’indique le Washington Post, dans un article repéré par Slate, les candidats à des scrutins estiment qu’elle va permettre de diffuser des discours en direct, comme à la télévision. Mais aussi, ils pensent déjà à en faire usage comme une alternative aux conférences de presse en s’adressant directement au public qui enverra des questions en 140 signes.

Mais Twitter ne s’est pas contenté de lancer une alternative. Pour freiner le potentiel de son concurrent, le réseau de micro-blogging est allé un peu plus loin en limitant l’accès à son Social Graph qui réalise une cartographie des réseaux de membres des réseaux sociaux. L’intérêt de cet outil est de fournir des statistiques à partir des données d’une personne et de son réseau.

Un coup bas? Non, réagit le site américain qui rappelle que cette décision se conforme à ses conditions générales d’utilisation. Malgré tout, cette précipitation a dévoilé la véritable inquiétude d’un éléphant face à une souris.

Pascal Samama