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Les startups du développement durable portées par la ville intelligente

L’éclairage urbain représenterait jusqu’à 40% de la facture énergétique d’une ville.

L’éclairage urbain représenterait jusqu’à 40% de la facture énergétique d’une ville. - Pixabay

Les cleantech devraient connaitre un regain d’intérêt grâce au développement de nouveaux modèles urbains occidentaux faisant la part belle à l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’utilisation durable des ressources naturelles et la réduction de l’empreinte carbone.

Pour Pat Sapinsley, directrice des initiatives cleantech chez Urban Future Lab, un incubateur new yorkais pour startups spécialisées dans les villes de demain, les réseaux intelligents et les énergies propres, il ne fait aucun doute que les nouveaux modèles urbains sont propices au développement des cleantech. "Nous avons incubé près de 40 jeunes entreprises et levé près de 350 millions de dollars depuis 2009, lâche-t-elle pour se justifier. Si ces chiffres sont dérisoires comparés aux levées de fonds réalisées par les startups de cybersécurité par exemple, ces jeunes entreprises ont en revanche un taux de réussite de 90%. Soit l’inverse du taux de succès moyen général des startups, où seules 10% survivent ".

Avoir de l’énergie solaire en quelques clics

Project Economics, une jeune pousse incubée au sein de l’Urban Future Lab a développé une plateforme (thepowermarket.com) où les foyers du Grand New York peuvent acheter une part d’un système communautaire de production d’énergie solaire. "Dans une agglomération comme New York, les habitants peuvent difficilement s’équiper individuellement de panneaux solaires. Ces matériels s'avèrent trop chers alors que la majorité des habitants sont locataires. La plupart des immeubles ne sont en outre pas adaptés", explique Nick Baudouin, cofondateur et responsable du développement chez Project Economics. Via ce site web, en quelques clics, les usagers peuvent par contre être alimentés en énergie solaire. "Non seulement un système de production d'énergie solaire communautaire réduit la facture énergétique, mais il permet dans le même temps à la ville de réduire son empreinte carbone", souligne Nick Baudouin.

La plateforme développée par Project Economics interconnecte les systèmes d’information des différentes parties prenantes: le système de relation client, la facturation, les fabricants de panneaux, les distributeurs d’énergie, etc. pour n’offrir aux usagers qu’un guichet unique. Lancée en février 2017, le service recense aujourd'hui 3 projets solaires communautaires, alimentant en électricité près de 250 foyers.

Rationaliser la gestion des différents bâtiments de la ville

La gestion des bâtiments figure parmi les autres enjeux associés à la ville intelligente. Et selon leurs tailles, les municipalités possèdent jusqu’à plusieurs milliers d’immeubles tous différents les uns des autres. "Nous avons mis au point un logiciel permettant aux villes de rationaliser la gestion de leurs bâtiments, de la collecte au partage sécurisé des données dans un format standard", explique Rimas Gulbinas fondateur et PDG de Maalka.

Ainsi, Chicago peut désormais faire des analyses complètes sur son parc de 3000 bâtiments en quelques heures, contre plusieurs jours auparavant. La ville peut alors déployer une stratégie de développement durable à grande échelle par exemple. "Cela permet par ailleurs à des tiers de développer des services additionnels tels que de la modélisation 3D, de la simulation de réseaux électriques locaux, etc.", ajoute Rimas Gulbinas.

L’éclairage intelligent serait la killer app

Pour d’autres experts enfin, le fait que de nombreux projets de villes intelligentes restent coûteux, entraîne une priorisation en tenant compte de ceux qui auront un impact rapide et quantifiable. "Nous pensons que l’éclairage intelligent a le potentiel de générer un retour sur investissement rapide et important", estime ainsi Stuart Pearman, partenaire et responsable de la division énergie chez Scott Madden, une société de conseils travaillant notamment sur les sujets énergétiques. Le budget alloué à l’éclairage représenterait selon lui jusqu’à 40% de la facture énergétique d’une ville. "A en croire les fabricants d’éclairages intelligents, leurs produits réduiraient cette facture de 50 à 70%", rapporte-t-il. Il ajoute par ailleurs que ces réseaux d’éclairage connectés peuvent servir de support à d’autres réseaux de capteurs tels que les caméras de surveillance ou encore les sondes météorologiques et environnementales.

Eddye Dibar