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Les petits ratés du moteur Google

La progression des clics sur les publicités n’a été que de  14% au quatrième trimestre, contre 17% au troisième. (Photo : Eric Schmidt, président de Google)

La progression des clics sur les publicités n’a été que de 14% au quatrième trimestre, contre 17% au troisième. (Photo : Eric Schmidt, président de Google) - Crédit FAYEZ NURELDINE / AFP

Le géant américain de l'internet a fait face en 2014 à un ralentissement de ses revenus publicitaires. Mais il affiche tout de même un bénéfice net en hausse de 12%.

Après les résultats de Yahoo, d’Apple, de Facebook et d’Amazon, ceux de Google ont été annoncés ce jeudi 29 janvier. Pour le géant de Mountain View, l’année 2014 aura été globalement bonne. Seule ombre au tableau : le recul des revenus publicitaires notamment au dernier trimestre.

Son chiffre d’affaires progresse donc moins vite. Entre le troisième et quatrième trimestre, sa progression est passée de 19 à 15%, mais sur l’année, il s'affiche tout de même en hausse de 19% à 66 milliards de dollars.

Quant au bénéfice net, il a augmenté de 12% à 14,4 milliards de dollars l'an dernier. Et sur les trois derniers mois de l’année, il a bondi de 41% à 4,8 milliards de dollars.

Mais, comme le souligne le Financial Times, cette progression est surtout liée à la vente de Motorola à Lenovo en janvier 2014 pour 2,9 millions de dollars. Reste la publicité, qui est le nerf de la guerre de la stratégie financière de Google. La progression des clics sur les publicités n’a été que de 14% au quatrième trimestre, contre 17% au troisième. La conséquence est nette: le prix moyen du clic a reculé de 3 et 2% au troisième et quatrième trimestre. Patrick Pichette, directeur financier du groupe, a justifié ce recul par un dollar fort qui aurait pénalisé les revenus publicitaires.

Des milliards d'investissements d'avenir en 2014

Même si la baisse est faible, elle reste un signal qualifié de décevant par les observateurs. La publicité est le premier levier de revenu du groupe californien et cette tendance pourrait être le signe d’un essoufflement de ce modèle économique. C’est apparemment la crainte des investisseurs.

Des investisseurs que Google cherche à rassurer en multipliant les investissements. En 2014, une trentaine d’entreprises de toutes tailles ont été rachetées. L’opération la plus importante a été celle dans les objets connectés avec Nest Labs pour 3,2 milliards de dollars en janvier 2014.

Mais il y a eu aussi DeepMind Technologies (intelligence artificielle) pour 400 millions, Skybos Imaging (imagerie satellitaire) pour 500 millions ou encore DropCam (caméras connectées) pour 550 millions. Le groupe a aussi réalisé d’autres acquisitions dans des secteurs stratégiques comme la la voiture autonome, la fibre optique, le Cloud ou la sécurité sans en dévoiler les montants.

Autre élément important, la hausse des dépenses en R&D qui sur le dernier trimestre ont évolué de 46% à 2,8 milliards de dollars. Sur l’ensemble de l’année 2014, la hausse a été 38% à 9,8 milliards de dollars. Jeudi soir, à la clôture de la bourse de New York, le cours de Google perdait 2,74% à 499,15 dollars. 

Pascal Samama