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Les partis politiques toujours incapables de bien communiquer sur Internet

La majorité des formations politiques ont au moins un compte Twitter et Facebook, mais aucune n’arrive a susciter davantage l’intérêt des Français grâce à ces plateformes.

La majorité des formations politiques ont au moins un compte Twitter et Facebook, mais aucune n’arrive a susciter davantage l’intérêt des Français grâce à ces plateformes. - Pixabay

Alors que les réseaux sociaux offrent davantage de visibilité aux acteurs politiques, leurs stratégies numériques ne permettent pas aujourd'hui de mobiliser davantage les Français.

"C'est un paradoxe. D'un côté, les politiques n’ont jamais autant communiqué, de l'autre, les français n’ont jamais été aussi peu convaincus par la force de la parole politique", constate Florian Silnicki, expert en stratégies de communication. En plus des médias traditionnels, les plateformes numériques (réseaux sociaux, blogs, microblogs, sites web…) offrent en effet aux femmes et hommes politiques de la visibilité supplémentaire qu’ils ne maitriseraient pas encore.

Pourtant, depuis quelque années, ces politiques sollicitent les Français sur des sites participatifs, les réseaux sociaux et même des applications mobiles. Les Républicains ont ainsi lancé en mai 2015 l’application mobile Direct Citoyen. Quelques semaines après son lancement, elle enregistrait plus de 250 000 opinions sur des questions diverses liées à la religion, à la famille, à la fiscalité, etc.

"A chaque fois que les formations politiques ont tenté de s’approprier cette démocratie participative numérique, ça a échoué, regrette Florian Silnicki. Les réseaux sociaux par exemple sont encore trop souvent utilisés pour faire des revues de presse ou sont utilisés comme simples relais d’information. Quant à Direct Citoyen, l’application a du mal à décoller".

Des stratégies numériques déconnectées de la réalité du terrain

Selon l’expert, le manque de volonté des politiques, tous partis confondus, de vouloir échanger sur ces plateformes serait la principale raison de l’échec de la démocratie participative 2.0 en France. Par ailleurs, dans le cadre d’élection, les équipes numériques seraient souvent déconnectées de la réalité du terrain. "La campagne numérique d’Obama a été un succès car elle était le reflet même de sa campagne. Chacun avait les moyens d’agir sur ces plateformes numériques comme il pouvait le faire sur sur le terrain", compare Florian Silnicki.

Le docteur Shelley Boulianne de l’Université canadienne Grant MacEwan, nuance toutefois ce succès. Selon elle, si la stratégie du président Américain sur les réseaux sociaux a révolutionné certains aspects de la campagne présidentielle (collecte de dons et les interactions avec la population), elle n’a cependant pas plus motivé les américains à aller voter.

La politique de demain reposera sur le big data et le profilage

Reste qu'à court terme, la politique passera à un stade supérieur de l’utilisation du numérique. Elle s’appuiera sur la collecte et l’exploitation des données personnelles. Ainsi, le Parti Socialiste et les Républicains travailleraient sur des logiciels importés des Etats-Unis notamment utilisés lors des dernières campagnes des Démocrates américains. Il permettront notamment de recueillir les informations semées par les militants et les partisans sur les réseaux sociaux pour mieux comprendre leurs attentes. Les acteurs politiques pourront alors ajuster leurs discours en fonctions des profils détectés.

Eddye Dibar