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Les objets connectés rendent les villes plus interactives avec leurs habitants

A São Paulo, un centre de commande opérationnel surveille les 6 500 kms d’autoroute du Brésil. Grâce à des capteurs météorologiques, de vitesse, de géolocalisation, au traitement des appels d’urgence… ce centre peut envoyer plus rapidement les premiers secours en cas d’incident.

A São Paulo, un centre de commande opérationnel surveille les 6 500 kms d’autoroute du Brésil. Grâce à des capteurs météorologiques, de vitesse, de géolocalisation, au traitement des appels d’urgence… ce centre peut envoyer plus rapidement les premiers secours en cas d’incident. - ARTESP

"Pour supporter une population urbaine croissante, les villes modernisent leurs infrastructures pour garantir aux habitants de meilleurs services et optimiser la gestion de leurs ressources. Ce sont les premiers effets du phénomène "smart cities"."

La modernisation des villes passe par le développement d’infrastructures connectées. Celles-ci permettront d’un côté de mesurer le besoin des habitants. De l'autre, ces réseaux seront capables d'adapter de façon proactive les services urbains en fonction de divers paramètres tels que la consommation énergétique, le climat, la qualité de l’air, la mobilité, voire des événements sociaux.

La ville de Chicago elle-même va dès cette année s’appuyer sur un réseau de capteurs connectés pour collecter des informations géolocalisées sur les conditions météorologiques, la qualité de l’air, l’état des infrastructures, l’état de la circulation ou encore l’intensité sonore. A partir de ces informations, les piétons bénéficieront de services leur indiquant par exemple le meilleur itinéraire à emprunter pour éviter les zones où l’air est le plus pollué.

Chicago envisage également de suivre en temps réel l’évolution des inondations pour déclencher plus efficacement les opérations de secours et limiter les dégâts et la propagation de maladies.

Optimiser la gestion des places de parking en ville

Chicago n’est qu’un exemple parmi des centaines de projets similaires initiés à travers le monde. Une récente étude réalisée par la société Grand View Research illustre le dynamisme de ce secteur. Elle estime en effet que le marché global de la ville connectée ou "smart cities" triplera entre 2013 et 2020 pour atteindre, à cette date, 1 400 milliards de dollars.

L’amélioration de la mobilité urbaine, qui concentre d’ores et déjà la plus grande partie des efforts devrait continuer à enregistrer la plus forte croissance. Représentant plus de 16% du marché global en 2013, la mobilité urbaine croitra à un taux annuel de plus de 15% d’ici à 2020.Enfin, d’un point de vue régional, l’Amérique du Nord sera la zone la plus active.

En matière de mobilité justement, les villes de Washington D.C. et de San Francisco ont respectivement lancé les projets ParkDC et SFpark. S'appuyant sur l’utilisation de capteurs au sol, de caméras et de parcmètres connectés, ces services aident les automobilistes à savoir en temps réel où sont les places disponibles, voire de trouver une place de parking au meilleur tarif. San Francisco est effet en mesure d’augmenter ou de réduire instantanément le prix des places de stationnement pour désengorger certaines rues ou, à l’inverse, attirer les automobilistes dans des zones où les places sont vacantes.

Connecter tous les services de la ville à Internet

Mais les objets connectés appliqués à la gestion de la ville concernent aussi d'autres services -même si ces derniers ne sont pas directement proposés aux habitants-. Au-delà des compteurs électriques communicants progressivement déployés dans les foyers français, des capteurs installés sur toute la chaine de distribution permettent notamment de maitriser en temps réel les pics de consommation électrique pour éviter les pannes majeures. De même, la gestion de l’éclairage public peut être optimisée, en fonction des zones, des heures du jour ou de la nuit et de l’activité humaine. L'objectif étant de réaliser de substantielles économies sur un des postes de dépenses les plus importants d’une ville.

A ces services s’ajoutent ceux liés à la sécurité urbaine, au pilotage des bâtiments, au développement durable, à la gestion des déchets, à la réduction des nuisibles, etc. Les opportunités créées par le marché de la ville intelligente stimulent le développement de nombreuses startups. D’ailleurs, selon la société d’études IoT Analytics, Paris est la seconde ville européenne (et la 6ème au niveau mondial) accueillant le plus d’entreprises dédiées à ce secteur.

Eddye Dibar