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Les objets connectés, pires ennemis des examinateurs du bac

Les appareils connectés pourraient faire fureur auprès des tricheurs au bac

Les appareils connectés pourraient faire fureur auprès des tricheurs au bac - Frederick Florin - AFP

En Algérie, une jeune candidate au bac a été surprise en flagrant délit de fraude au moyen d'un système de communication satellitaire dissimulé dans son oreille. Un exemple parmi d'autres d'une tendance qui inquiète l'Education nationale.

Bien plus efficace qu’une antisèche planquée dans la trousse. Une candidate au bac en Algérie a été surprise cette semaine en flagrant délit de triche au moyen d’un système de communication plutôt sophistiqué, rapporte la chaîne algérienne A4. La jeune femme avait en effet dans l’oreille une minuscule oreillette dotée d’une puce satellitaire grâce à laquelle elle se faisait dicter les réponses par un complice à l’extérieur.

Le surveillant qui a surpris la fraudeuse raconte que lorsque la jeune fille a été attrapée, son correspondant, qui ne s'en est pas rendu compte, a continué de dicter les réponses. Cette affaire fait suite à des soupçons de fuite de sujets via Facebook pour lesquels le parquet d’Alger a ordonné l'ouverture d'une enquête préliminaire. "Le recours à ces techniques sophistiquées démontre qu'il n'y a pas eu de fuite des sujets", a commenté la ministre sans expliquer néanmoins comment le souffleur avait pu avoir connaitre les énoncés des sujets.

L'Education Nationale consciente du risque

Des techniques de triches de plus en plus recherchées et permises par la généralisation des objets connectés. Smartphone, bracelets, montres et donc aujourd’hui oreillettes, les appareils communicants de plus en plus petits et discrets se multiplient permettant ce nouveau genre de fraude. 

A quelques jours du début des épreuves du bac en France, le ministère de l’Education se veut rassurant. Une fiche de consigne placardée à l’entrée des salles d’examen rappelle la réglementation en matière d’objets connectés. "Nous demandons à l’ensemble des candidats à l’entrée de la salle d’éteindre tous les objets connectés que ce soient les smartphones, les montres ou autres et de les mettre dans les sacs. Ensuite les sacs sont rassemblés dans un coin de la salle", indique-t-on du côté du Ministère.

Un mode "examen" pour les calculettes

Reste la question des calculatrices programmables lors des épreuves scientifiques. Ces dernières permettent en effet d’enregistrer dans leur mémoire l’ensemble des cours qui peuvent potentiellement être consultés lors de l’épreuve. Plus pour longtemps. Car pour empêcher ce type de pratique, le ministère de l’Education Nationale n’autorisera à compter des épreuves du bac 2018 que les calculatrices dotées d’un mode dit "examen". Des appareils qui bloquent l’accès à la mémoire interne de la machine durant la durée de l’épreuve et émettent une petite lumière clignotante rouge pour indiquer à l’examinateur que le mode a bien été enclenché par le candidat. A ce rythme-là, il ne restera plus dans quelques années aux fraudeurs que les bonnes vieilles antisèches planquées la trousse... Ou les méthodes peu conventionnelles des cancres du film "Les Sous-doués passent le bac".

Frédéric Bianchi