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Les mille et une vies de Loïc Le Meur

Loïc Le Meur a créé en 2004 le salon LeWeb, revendu en 2012 à Reed Midem

Loïc Le Meur a créé en 2004 le salon LeWeb, revendu en 2012 à Reed Midem - LeWeb

A l'occasion du salon LeWeb qui ouvre ce mardi 9 décembre, rencontre avec son créateur Loïc Le Meur, 42 ans, et déjà de multiples start ups à son actif.

1996: premières start up

La première société que j’ai créée s’appelait B2L. C’était en 1996, c’était une des premières agences web françaises. J’étais encore étudiant à HEC. J’étais en stage chez Peugeot, je leur ai proposé de créer leur site web. Outre Peugeot, B2L a eu des clients comme Chanel ou le Printemps. [Ndlr : B2L sera racheté fin 1999 par l'agence de publicité BDDO pour 3 millions d'euros]

Parallèlement, j’ai créé en 1997 une autre start up, Rapid Site, qui proposait aux PME d’héberger leurs sites web. Rapid Site a été le premier à proposer de l’hébergement mutualisé en France, ce qui permettait de diviser le coût par dix. Assez rapidement Rapid Site a eu plus de 10.000 clients, et France Télécom a proposé de le racheter.

2000: business angel

A partir de 2000, j’ai co-créé et dirigé plusieurs start ups. Il y a eu Actibox, qui proposait de la messagerie unifiée, mais qui n’a pas marché. Il y a eu aussi Marketo, une place de marché BtoB, qui sera revenue à Vivendi Net [Ndlr: qui fermera Marketo fin 2001]. Enfin, il y a eu Tekora, qui éditait un logiciel de création de site web pour PME, et qui sera racheté par Access Commerce en 2002.

Par ailleurs, en tant que business angel, j’ai aussi investi dans une série de start ups, comme Magique Emilie (devenue Magic Maman), Wine&Co, Immostreet ou Ski Horizon [Ndlr : qui sera liquidé en juillet 2001].

2002: la Belgique

De 2002 à 2004, je me suis installé en Belgique [Ndlr : où Loïc Le Meur sera résident fiscal]. La Belgique a de quoi séduire les entrepreneurs, mais je m'y suis rapidement ennuyé. Fin 2002, j’ai donné un coup de main à Lotfi Belhassine pour sa chaîne de télévision consacré aux voyages, Liberty TV, basée à Bruxelles et qui réexaminait sa stratégie. J’en ai été le directeur général pendant un an.

En 2003, j’ai racheté une plate-forme de Blogs, Ublog, que j’ai développée puis revendue en 2004 à l’américain Six Apart. A l’époque, les blogs étaient embryonnaires, et Ublog était une des premières plate-formes de blogs en Europe. J’ai ensuite dirigé les activités européennes de Six Apart jusqu’en 2007.

2007: la Californie

En 2004, j'ai créé LeWeb, qui est devenu depuis une des plus importantes conférences sur l'univers des startup dans le monde, regroupant environ 4.000 personnes de 80 pays. LeWeb a contribué à inspirer des milliers d'entrepreneurs à se lancer, trouver une idée ou se financer. Uber a été inventé à LeWeb, et vaut aujourd'hui 40 milliards de dollars. Le créateur de Twitter, Jack Dorsey, a lancé sa nouvelle boite Square sur la scène de LeWeb. LeWeb est l'entreprise dont je suis le plus fier, elle a rejoint le groupe Reed Midem en 2012 [Ndlr : LeWeb a été valorisé 15 millions d'euros lors de ce rachat].

En 2007, je suis parti m’installer à San Francisco, et j’ai créé Seesmic, une application de réseau social, qui sera racheté en 2012 par l’américain Hootsuite. Mais je suis resté dans la Silicon Valley, où je me sens comme un poisson dans l’eau. J’y ai trouvé mon équilibre. L’ambiance est positive, concentrée sur l’innovation. Ce n’est pas une question de fiscalité, car les impôts ou le coût de la vie y sont souvent plus élevés qu’en France. Mais c’est une question de mentalité: aux Etats-Unis, quand vous devez licencier quelqu’un, la personne vous remercie de lui avoir donné une opportunité et devient souvent un entrepreneur elle même par la suite. Tandis qu’en France, on vous attaque aux prud’hommes!

2014: une nouvelle start up?

Aujourd’hui, je suis essentiellement un business angel. J’ai investi dans une trentaine de sociétés au total, parmi lesquelles LinkedIn, Evernote ou Lending Club, qui doit bientôt rentrer en bourse. Mais ce que j’adore, c’est créer des entreprises. L’important est de tenter sa chance, après ce n’est pas grave si cela marche ou pas. J’ai failli replonger récemment dans la création d’une nouvelle start up. Je suis toujours à la recherche d’un nouveau concept. J’ai une vingtaine d’idées en ce moment. 

Jamal Henni