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Les hôtels pourront proposer des chambres moins chères

Les gendarmes de la concurrence de six pays européens enquêtent sur les sites Hotels.com et Booking.com

Les gendarmes de la concurrence de six pays européens enquêtent sur les sites Hotels.com et Booking.com - -

Booking.com interdisait aux hôteliers de proposer des tarifs moins chers que ceux offerts sur le site de réservation américain. Booking.com a renoncé lundi 15 décembre à cette clause pour échapper à une condamnation par les gendarmes de la concurrence.

C'est une décision qui va accroître la concurrence entre sites de réservations d'hôtels, et, par là, devrait faire baisser le prix des chambres.

Lundi 15 décembre, booking.com a renoncé à une clause qui limitait la guerre des prix.

Précisément, le site américain de réservation en ligne interdisait aux hôtels de proposer ailleurs des tarifs moins chers que sur booking.com. Mais ce dernier s'est engagé lundi 15 décembre à renoncer à cette clause dite de "parité".

Cette clause était contestée par les syndicats des hôteliers (Umih, Synhorcat, GNC, CPIH, FAGIHT), qui avaient porté plainte en juillet 2013 devant l'Autorité de la concurrence.

Et le gendarme de la concurrence a estimé que cette clause posait bien problème. Selon lui, cette clause "est de nature à réduire la concurrence entre booking.com et les plateformes concurrentes". De plus, cette clause "peut conduire à évincer les sites plus petits ou qui entrent sur le marché de la réservation en ligne".

Dès lors, pour éviter une condamnation, booking.com a préféré renoncer à cette disposition.

Dans toute l'Europe

Le site propose même de renoncer à cette clause dans tout l'Espace économique européen. Il était en effet poursuivi pour les mêmes motifs par sept autres gendarmes de la concurrence: Allemagne, Autriche, Suisse, Suède, Hongrie, Irlande, Grande-Bretagne, Italie.

Rappelons que le gouvernement français avait aussi contesté cette clause devant le tribunal de commerce de Paris.

Toutefois, cette clause n'est pas totalement supprimée: elle reste maintenue pour les chambres vendues directement par l'hotelier lui-même, que ce soit via son propre site internet ou hors ligne. Le site américain continuera donc à interdire que l'hôtel propose lui-même un tarif moins cher que sur booking.com.

Position dominante

Dans son communiqué, le gendarme de la concurrence souligne que les sites de réservations sont devenus "incontournables": "aujourd'hui, 93% de la clientèle hôtelière utilise internet pour rechercher un hôtel. En Europe, les plateformes de réservation hôtelière représentent environ 70% des réservations d'hôtels faites en ligne, les 30% restants étant des réservations effectuées directement sur les sites des hôtels. En France, booking.com est le leader, avec plus des deux tiers du marché des réservations en ligne. Sur les 17.000 hôtels français, près des trois quarts sont d'ailleurs référencés sur son site".

Reste maintenant à savoir ce que feront les sites concurrents hotels.com (filiale d'Expedia) et Hotel Reservation Service (HRS), qui imposent aussi cette clause de parité et sont aussi poursuivis devant les gendarmes de la concurrence de plusieurs pays.

Jamal Henni