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Le pressing passé à la grande lessive de l'internet

Commande sur internet, retrait dans des consignes accessibles 24/7… de nouveaux services de pressing et de laverie révolutionnent une profession peu affectée par le numérique

Commande sur internet, retrait dans des consignes accessibles 24/7… de nouveaux services de pressing et de laverie révolutionnent une profession peu affectée par le numérique - Loic Venance-AFP

Des start-up de l'internet se lancent dans le service de pressing ou de laverie au kilo. Une révolution qui dépoussière ce métier resté à l'écart de la révolution numérique.

Le pressing de quartier est-il à l'orée d'un profond changement provoqué par les technologies ? Métier traditionnel voire artisanal, le nettoyage à sec voit des start-up de l'internet débouler, dépoussiérant une profession encore largement épargnée par la révolution numérique.

"Le pressing traditionnel est en déclin dans nos villes à cause des départs à la retraite et des mises aux normes écologiques. On compte en France de 4.500 à 5.000 magasins, pas plus" explique Johan Melab, cofondateur de la start-up PressingBox. Celle-ci a lancé fin 2014 un service de pressing par Internet.

Son modèle économique repose sur des consignes automatiques dans lesquelles les clients déposent leur linge sale et récupèrent leurs affaires, 48 heures après, contre un code d'accès envoyé par SMS.

"Ce système permet d'éviter la coûteuse logistique du dernier kilomètre nécessaire quand on vient chercher ou livrer du linge à domicile" explique t-il.

Une application pour smartphone et un site Internet sont mis à la disposition du client. "Tout est dématérialisé, ce qui rend nos clients très autonomes. Ils n’ont pas à se soucier d’horaires, de files d’attente, ni de partir plus tôt par exemple" explique Johan Melab. 

Des consignes automatiques pour le dépôt du linge

Pour que ces consignes soient accessibles avec une large amplitude horaire, la jeune société les a installées dans des salles de sport à Paris (Neoness et Health City), dans certaines entreprises situées la Défense ou en petite couronne et même dans un supermarché parisien Casino. Leur accès dépendra toutefois des horaires d'ouverture au public de ces emplacements.

L'originalité de l'approche des fondateurs consiste à faire travailler des professionnels et non des blanchisseries industrielles.

"Nous travaillons avec des pressings traditionnels de quartier. Notre but n'est pas de concurrencer ces artisans mais de leur apporter un volume d'affaires" explique le cofondateur de la start-up qui revendique plusieurs milliers de clients depuis un an.

Sur un autre créneau, celui du service à domicile, Cleanio, jeune start-up parisienne, s'est lancée en mars 2014. Son service fonctionne par l'entremise d'une application pour smartphone ou d'un site internet.

Un livreur vient récupérer votre linge à domicile

Cleanio traite le linge au kilo ou en service pressing pour les particuliers. Un livreur vient récupérer chez vous votre linge sale et vous le restitue, lavé et plié (pour le linge au kilo) ou nettoyé et repassé sous housse (pour le service pressing), le tout sous 48 heures.

Plusieurs autres jeunes pousses, comme La Cleanbox, se sont engouffrées sur ce concept de blanchisserie au kilo et de pressing à domicile. Avec cette start-up de Seine-Saint-Denis, le client réserve une prise en charge du linge sur internet ou par téléphone, choisit son créneau horaire d’enlèvement et il est livré 24 ou 48 heures après, avec des vêtements lavés, séchés, repassés.

La plupart de ces services Internet ne sont, pour l'instant, disponibles qu'à Paris ou dans sa proche banlieue, les Parisiens et les banlieusards étant réputés en recherche permanente de gain de temps et disposés à payer pour de tels services. 

Mais les besoins en matière de nouveaux services de nettoyage (et de repassage) du linge restent universels. Le bouleversement que les taxis ont connu avec l'irruption d'acteurs de l'internet comme Uber pourrait bien débouler dans un secteur (trop) longtemps resté à l'écart de la révolution du numérique.

Frédéric Bergé