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Le cloud ne permet toujours pas à IBM de rebondir

Le chiffre d'affaires d'IBM a reculé pour le onzième trimestre consécutif, de 12% à 24,1 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2014.

Le chiffre d'affaires d'IBM a reculé pour le onzième trimestre consécutif, de 12% à 24,1 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2014. - AFP ODD ANDERSEN

Avec un chiffre d'affaires et des profits en baisse, IBM a connu une année 2014 de transition, liée à une forte réduction de son périmètre. Les activités en croissance liées aux services cloud peinent à prendre le relais des activités cédées ou en déclin.

IBM, en pleine transition vers les services cloud, a présenté pour la onzième fois consécutive un nouveau recul de son chiffre d'affaires trimestriel.

Sur son quatrième trimestre 2014, la baisse est de 12% à 24,1 milliards de dollars au quatrième trimestre (20,8 milliards d'euros). Cela porte la baisse pour l'ensemble de 2014 à 6% pour un chiffre d'affaires total de 92,8 milliards de dollars (80 milliards d'euros).

Du côté des bénéfices nets, les nouvelles ne sont pas meilleures. Ils ont chuté de 27 % à 12 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année 2014.

La diminution du chiffre d'affaires s'explique mécaniquement par la réduction du périmètre d'IBM. La firme a encore cédé plusieurs activités en 2014 pour se recentrer sur celles à plus forte marge. Il a notamment transféré, à grand frais, ses usines de circuits intégrés à GlobalFoundries, lequel a reçu d'IBM, 1,5 milliard de dollars pour les reprendre.

IBM a multiplié les rachats dans les services cloud

IBM a également cédé pour 2,1 milliards de dollars, son activité de serveurs d'entrée de gamme, à base de processeurs Intel, au groupe chinois Lenovo, qui avait déjà repris son activité de PC en 2005.

Mais, les activités nouvelles liées en grande partie aux services cloud d'hébergement d'applications et de logiciels pour entreprises, peinent à prendre le relais des activités cédées ou en déclin.

En témoigne, la baisse du chiffre d'affaires sur toutes les activités d'IBM : services ( - 8 %), logiciel (- 7 %) et surtout matériel (- 39 %).

Les activités nouvelles en croissance, liées aux services (cloud), sont alimentées par des acquisitions encore trop récentes pour faire sentir leurs effets positifs sur le chiffre d'affaires global. IBM a racheté successivement, en 2013, Softlayer, un prestataire pour concurrencer Amazon sur les services cloud, puis, en 2014, Cloudant, éditeur d'une base de données disponible en mode hébergé et Lighthouse Security Group, un autre prestataire de services cloud.

IBM a souffert de l'appréciation du dollar

 " Nous faisons des progrès importants dans notre transformation, en continuant de basculer vers des activités à plus forte valeur, en investissant et en nous positionnant pour le long terme ", a, malgré tout, affirmé la patronne du groupe. Virginia Rometty souligne ainsi que dans les services, le grand axe de diversification du groupe, IBM affiche notamment un carnet de commandes de 128 milliards de dollars. A l'avenir, IBM prévoit d'accélérer sa transformation en continuant sa politique d'acquisitions dans le domaine du cloud.

En 2014, IBM a également pâti de l'appréciation du dollar sur la deuxième partie de l'année. Selon le directeur financier, Martin Schroeter, le renforcement de la monnaie américaine aurait coûté 1,2 milliard de dollars de revenu au groupe au quatrième trimestre.

L'une des raisons du plongeon du bénéfice annuel est la comptabilisation de lourdes charges (3,4 milliards de dollars après impôts) causées par le transfert des usines de circuits intégrés à GlobalFoundries.

Frédéric Berger