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Le "bug" du Facebook français n'est pas la cause de la chute boursière

Facebook est au coeur d'une vaste polémique sur la protection de la vie privée de ses utilisateurs.

Facebook est au coeur d'une vaste polémique sur la protection de la vie privée de ses utilisateurs. - -

Le présumé "bug" du résau social Facebook, survenu ce lundi 24 septembre, n'en serait finalement pas un. La direction du groupe devra tout de même s'en expliquer auprès de la Cnil. En attendant, l'action du groupe chute, mais pour de toutes autres raisons.

L'action Facebook était en chute libre hier en clôture du Nasdaq, avec une baisse de sa valeur d'environ 9%. Rien à voir pourtant avec l'affaire du fameux "bug" en France (voir plus bas), l'information n'ayant quasiment pas été relayée outre-Atlantique hier. C'est un article de l'hebdomadaire financier Barron's qui a en fait mis le feu aux poudres. Il y est écrit que la valeur de l'action Facebook devrait se situer autour des 15 dollars, contre 20 actuellement et 38 lors de l'entrée du groupe en bourse. En cause, la difficulté pour le réseau social de générer des revenus publicitaires sur les plateformes mobiles. Or, plus de la moitié des utilisateurs passent par ces mêmes plateformes. D'où une surévaluation de l'action.

Une illusion plutôt qu'un bug?

En France, l'affaire Facebook retombe en température. Selon de multiples commentaires publiés sur les réseaux sociaux, des messages privés datant d'années antérieures s'affichaient par erreur sur le profil public de certains utilisateurs, basés dans divers pays dont la France.

Mais le groupe américain a apporté un démenti formel: "Une minorité d'utilisateurs de Facebook s'est inquiétée en voyant s'afficher des messages qu'ils pensaient privés sur leur journal (Timeline)", a déclaré un porte-parole de Facebook France.

"Les ingénieurs de Facebook ont analysé ces requêtes et confirmé que les messages en question étaient des anciennes publications, visibles précédemment sur leur profil. Facebook affirme qu'il n'y a eu aucune faille dans la sécurité des données des utilisateurs", a-t-il poursuivi.

Aucune preuve disponible

En réalité, le passage aux profils "timeline" (ou "journal"), aurait fait réapparaître des messages publics datant de plusieurs années. Et même si de nombreux internautes affirment toujours aujourd’hui avoir subi un bug mettant en péril leur vie privée, il est pour l’heure impossible de le vérifier. De nombreux appels à témoins ont été lancés, mais aucune trace de messages visibles à la fois dans la messagerie privée et sur le journal.

Cette affaire, même injustifiée, relance tout de même la polémique sur la protection de la vie privée par Facebook. Le gouvernement s’est d’ailleurs immédiatement saisi de la question, et la direction de Facebook France devra tout de même s’expliquer sur ce vrai-faux bug devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

Yann Duvert