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Le Brexit façon Orange

BT Group a bouclé le rachat de l'opérateur mobile britannique EE auprès d'Orange et de Deutsche Telekom, une opération à 12,5 milliards de livres qui signe son grand retour dans la téléphonie mobile.

BT Group a bouclé le rachat de l'opérateur mobile britannique EE auprès d'Orange et de Deutsche Telekom, une opération à 12,5 milliards de livres qui signe son grand retour dans la téléphonie mobile. - EverythingEverywhere

L'opérateur a bouclé la vente à BT de ses dernières parts dans son ex-filiale britannique EE. Orange reçoit 4,150 milliards d'euros, 4% de BT et 173 millions d'euros de dividende.

Orange a soldé ses affaires outre-Manche. La revente à BT Group, l'opérateur historique britannique, de ses parts dans EE (Everything Everywhere) a été conclue en même temps que la cession des propres parts de Deutsche Telekom que l'Allemand co-détenait avec Orange.

Pour sa part, Orange a reçu 3,4 milliards de livres (4,5 milliards d'euros) ainsi que 4% du capital de BT, complété par un dividende final de 131,5 millions de livres sterling (173 millions d’euros). Deutsche Telekom, qui a choisi d'être payé essentiellement en actions, a reçu 12% du capital de BT. 

Avec cette double transaction, évaluée au total à 12,5 milliards de livres, BT Group (ex-British Telecom) revient en force sur le marché de la téléphonie mobile qu'il avait quitté en 2006. Il avait cédé son activité, bien connue sous le nom d'O2, à l'opérateur espagnol Telefonica.

En mettant la main sur EE, l'un des quatre principaux opérateurs mobiles actifs au Royaume-Uni aux côtés de Vodafone, Three et O2, BT pourra jouer la carte de la convergence entre le mobile, ses offres dans la téléphonie fixe, l'internet à haut débit et la télévision, à l'instar ce que pratique déjà tous les grands opérateurs en Europe.

BT est sous surveillance du régulateur britannique

Les autorités britanniques de la concurrence avaient donné mi-janvier leur feu vert à cette opération, malgré les protestations des concurrents de BT qui jugent que ce rachat conduit à "remonopoliser" le secteur au Royaume-Uni. Mais BT n'en a pas pour autant fini avec les régulateurs. L'autorité britannique de régulation des communications (Ofcom) mène une vaste enquête sur l'ensemble du secteur des télécoms au Royaume-Uni et envisage d'ordonner une séparation entre BT et sa filiale Openreach qui fournit à ses concurrents l'accès à son réseau haut-débit.

Le secteur des mobiles stricto sensu est en pleine recomposition dans le pays, avec l'achat prévu de l'opérateur O2 par le conglomérat hongkongais Hutchison Whampoa, qui possède déjà le quatrième opérateur britannique, Three, pour 10,25 milliards de livres (13,6 milliards d'euros). Cette opération doit toutefois encore recevoir le feu vert des autorités de régulation et la Commission européenne a ouvert en octobre une enquête approfondie à ce sujet, craignant un impact négatif sur la concurrence avec le passage du marché de quatre à trois grands opérateurs.

Le Financial Times a rapporté en début de semaine qu'Iliad, la maison mère de l'opérateur français Free, avait manifesté son intérêt auprès de l'Ofcom pour racheter d'éventuelles activités que la future entité issue du rapprochement O2-Three serait contrainte de vendre par le régulateur.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco