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La liaison ferrée CDG-Express sera-t-elle prête pour les JO 2024?

La liaison ferrée directe entre l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle et gare de l’Est, est prévue pour le JO d'été de Paris en 2024.

La liaison ferrée directe entre l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle et gare de l’Est, est prévue pour le JO d'été de Paris en 2024. - Joël Saget-AFP

Le conseil d'État doit juger prochainement le recours d'une association et d'une ville limitrophe contre la future ligne ferrée reliant l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle à Paris. Elles réclament l'annulation du texte déclarant d'utilité publique cet axe de transport prioritaire des J.O de 2024.

Les opposants à la liaison ferrée de 32 km qui mettra, pour les J.O d'été de 2024, l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle à 20 minutes du centre de Paris, ne désarment pas, au contraire. La ville de Mitry-Mory (77), située sur le trajet de la future ligne, et l’association "Non au CDG Express", ont déposé au Conseil d’État, un recours pour annuler l’arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique. La délibération doit avoir lieu vendredi 14 septembre prochain mais la décision ne sera connue que courant octobre 2018.

Pour la commune à l'origine du collectif contre le projet, "c'est un projet socialement, économiquement et écologiquement irresponsable", argumente Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory, qui reproche au projet de ligne de traverser les villes de banlieue sans la desservir. L'élue redoute en outre les nuisances qui affecteront durant plusieurs années, ses administrés, usagers de la ligne SNCF actuelle, perturbée par les travaux d'aménagement. 

Si l'annulation était jugée recevable, le projet serait plombé

Si le recours en annulation intenté par cette commune et le collectif contre le projet était jugé recevable par la haute juridiction administrative, l’entreprise concessionnaire (constituée d’Aéroports de Paris, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts) verrait le lancement des travaux bloqués. Il y aurait alors un fort risque que la ligne express ne voit pas le jour pour l'ouverture des Jeux Olympiques de Paris, à l'été 2024.

Pour 2019, l'État s'est engagé à prêter 1,9 milliard d'euros pour accélérer le début des travaux. Pour le financement ultérieur de la ligne, le principe d'une taxe appliquée aux passagers de Roissy -hors correspondance- est par ailleurs prévu, mais elle ne sera perçue qu'à compter de la mise en service de CDG Express.

Suspendus à la décision du Conseil d'État, les prétendants à l'exploitation de la ligne restent Transdev, groupe spécialisé dans les transports collectifs et Keolis, filiale de la SNCF, qui s'est pour l'occasion alliée à la RATP.

Frédéric Bergé