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L'armée française a fait face à des dizaines de cyberattaques "critiques" en 2017

Le commandement de cyberdéfense (Cybercom) est placé sous les ordres du Chef d'État-Major des armées et sous l'autorité du ministre de la Défense.

Le commandement de cyberdéfense (Cybercom) est placé sous les ordres du Chef d'État-Major des armées et sous l'autorité du ministre de la Défense. - Joël Saget-AFP

Les armées françaises ont dû gérer en 2017 des dizaines d'attaques informatiques "critiques" ayant nécessité une riposte appropriée, sur 700 événements détectés. Le général commandant la cyberdéfense interarmées dresse le bilan d'un an d'existence du ComCyber.

Les cyberattaques visant les systèmes informatiques militaires sont légion... Les armées françaises ont été confrontées en 2017 à "des dizaines" d'incidents cyber "critiques", qui ont nécessité une riposte appropriée, a indiqué le général Olivier Bonnet de Paillerets, commandant de la cyberdéfense militaire (ComCyber) depuis l'été dernier. Ces attaques, d'une très grande variété, peuvent neutraliser des systèmes d'armes, perturber la mission d'un avion de chasse ou d'un bâtiment en mer en provoquant des pannes informatiques sur des fonctions vitales.

"En 2017 nous avons détecté environ 700 événements. Il peut s'agir d'incidents mineurs, mais aussi d'attaques à proprement parler", a déclaré le patron du ComCyber au quotidien Libération. Parmi ces événements, "quelques dizaines étaient des incidents critiques, nécessitant une vraie mobilisation et une réponse à apporter sur leur origine et leur mode opératoire", a-t-il ajouté sans plus de précisions sur leur nature.

Des "cyberactions" offensives sont aussi à l'ordre du jour

En cas de cyberattaque des ripostes existent pour neutraliser "le serveur d'en face", a expliqué le général. Mais l'identification des auteurs, étatiques ou non, de ces attaques est loin d'être simple, a concédé le général Bonnet de Paillerets. Elle repose sur des "faisceaux de présomptions" avec "à la fois un examen de la technicité de l'attaque, du mode d'action, des victimes et une analyse géopolitique pour définir qui avait intérêt à agir".

Les armées peuvent aussi mener des actions "offensives" contre des ennemis identifiés. "Quand Daech pousse au jihad par des outils de propagande, j'ai une responsabilité de devoir contrer cela en Syrie, concrètement par de la contre-propagande", relève le général commandant le ComCyber.

Le ministère des Armées va investir 1,6 milliard d'euros dans la cybersécurité sur la période 2019-2025 et faire passer ainsi de 3000 à 4000 ses effectifs de cybercombattants sur la période.

Le ComCyber a été créé en 2016

Il y a un peu plus d'un an, le 12 décembre 2016, Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense sous la présidence Hollande, avait présenté la nouvelle doctrine de cyberdéfense, axée sur un commandement dédié interarmées, destiné aux opérations militaires dans l’espace numérique. Baptisé ComCyber, ce commandement a autorité sur toutes les unités opérationnelles spécialisées du ministère, soit 2600 combattants numériques en 2019, auxquels s’ajoutent 600 experts de la DGA, 400 réservistes opérationnels et 4000 réservistes citoyens de cyberdéfense. "La cyberdéfense, ce ne sera plus uniquement de détecter les attaques informatiques mais bien de pouvoir continuer à mener nos opérations militaires en étant sous le coup d’une agression cyber, et en utilisant l’espace cyber pour conduire nos propres opérations", avait déclaré le ministre de la Défense de l'époque.

Frédéric Bergé