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L'appli Gossip va-t-elle survivre à la polémique?

Gossip, cette nouvelle application qui permet de poster anonymement des ragots sur ses amis, va-t-elle connaître le même sort que son équivalent américain, Secret, obligé de fermer et de rembourser ses investisseurs?

Gossip -"rumeurs" en anglais- a pour principe de laisser poster anonymement sur l'application une rumeur, un ragot, sous la forme d'un texte de 140 caractères. On va pouvoir identifier les personnes concernées via Facebook, et donc le ragot pourra être vu par tout son groupe d'amis. Ces rumeurs peuvent, en outre, être accompagnées d'une "preuve", une photo ou une vidéo.

L'application s'inspire de la série Gossip Girl, dans laquelle un corbeau dévoile sur un blog tous les potins d'étudiants de Manhattan. Le tout reprend la formule qui a fait le succès de Snapchat: le message n'apparaît que 10 secondes avant de s'autodétruire.

Lancé il y a quinze jours, elle fait un carton. Sa fondatrice revendique 10.000 téléchargement par jour depuis son lancement. Sa créatrice s'est défendue dans un entretien à Madame Figaro. "Je voulais que ma cible soit les 20-35 ans. J'ai été un peu naïve. Il y a eu une erreur sur iTunes qui a permis aux internautes de s'inscrire dès l'âge de 12 ans", a-t-elle assuré.

Le phénomène inquiète les syndicats lycéens, qui accusent la plateforme de créer un climat malsain dans plusieurs établissements, et de favoriser le harcèlement. Ces syndicats réclament l'interdiction de l'application. "L'objectif de Gossip n'est pas de jouer mais bien de nuire aux autres", selon un de ces syndicats.

Ses créateurs revoient le système

Najat Vallaud Belkacem, la ministre de l'Education nationale, s'est également emparée du dossier. Elle a appelé à une "extrême vigilance". La ministre a reconnu que le gouvernement n'a pas le moyens légaux de l'interdire, mais elle exhorte les chefs d'établissement à signaler à la justice tous les messages qui relèveraient de l'injure ou de la diffamation.

En attendant, Gossip n'est plus accessible en téléchargement. Le temps, selon ses créateurs, de mettre en place un système de modération plus efficace. Avec un système pour bloquer les insultes et pour signaler et exclure les utilisateurs malveillants: l'application devrait aussi être interdite au moins de 18 ans... alors qu'aujourd'hui elle est autorisée dès 12 ans.

En tout cas le phénomène n'est pas nouveau. Il existe déjà plusieurs plateformes similaires aux Etats-Unis, comme Secret, Yik Yak ou Whisper. Secret, la plus célèbre de toutes, a été fermée il y a quelques semaines après deux années d'existence. L'essor de l'application s'est rapidement heurté aux dérives du harcèlement. L'entreprise qui avait réussi à lever 35 millions dollars s'est engagé à rembourser ses investisseurs.

Simon Tenenbaum, édité par N.G.