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L'an dernier, les hôtels français ont accueilli deux fois moins de clients qu'en 2019

Cette moyenne nationale cache de fortes disparités. Selon l'Insee, au dernier trimestre de 2020, les 4 et 5 étoiles ont hébergé quatre fois moins de clients que la normale. Et les hôtels d'Ile-de-France ont vu leur fréquentation plonger de 80%.

Bien qu’autorisés à garder leurs établissements ouverts, les hôteliers se battent depuis un an pour leur survie. En 2020, leur fréquentation a été divisée par deux par rapport à 2019. Selon l’Insee, le nombre de nuitées sur l’année est passé de 214,6 à 104,6 millions. Si l’on ignore, pour le moment, l’impact financier de ce plongeon de la demande, on peut néanmoins affirmer que le chiffre d’affaires du secteur a baissé, bien au-delà des 50%. Le manque à gagner pourrait même dépasser les 10 milliards d’euros.

Et ceux qui souffrent le plus sont les hôtels haut de gamme. L’insee souligne ainsi qu’au quatrième trimestre 2020, les établissements 4 et 5 étoiles ont accueilli quatre fois moins de clients qu’un an plus tôt. Ces quelques 10 millions de nuitées perdues en seulement trois mois, soit 109.000 par jour, pèsent évidemment très lourd en termes financiers pour ces hôtels qui facturent normalement leur chambre autour de 200 euros en moyenne.

80% de nuitées en moins en Ile-de-France, 44% à la campagne

Les autres grands perdants sont les établissements implantés dans les grandes villes. Sur les trois derniers mois de l’année, les hôteliers franciliens ont accueilli 80% de clients en moins par rapport à la même période de 2019, alors que leurs collègues exploitant un établissement situé à la campagne ont limité la casse avec une baisse de 44%.

Très peu de touristes provinciaux, pas d’étrangers, pas de salons professionnels, ni de congrès. Pour les hôtels parisiens, on peut parler de quadruple peine. Certains tentent de s’en sortir en bradant leurs chambres aux Franciliens. D’autres ont préféré barricader portes et fenêtres dans l’attente de jours meilleurs.

Seul 1 hôtel francilien sur 2 était ouvert en décembre dernier

Toujours selon l’Insee, en décembre, seul un hôtel francilien sur deux était ouvert. Et, en dépit de cette chute de l’offre, le taux de remplissage moyen s’est limité à 26%. Trois fois moins que la normale. Il va de soi que sans les aides de l’Etat, la plupart des hôtels seraient définitivement fermés. Et même avec le chômage partiel, le fonds de solidarité et les prêts garantis par l’Etat, certains ont décidé de réduire leurs effectifs.

Situé dans un des quarties les plus touristiques de la capitale, le Westin Paris Vendôme n'emploie plus que 167 personnes contre 351 auparavant. Selon le journal professionnel L'Hotellerie Restauration, deux autres hôtels de luxe ont été encore plus radicaux. Le Hyatt Regency Paris Etoile a supprimé 192 postes et le Méridien Etoile 254. D’autres ne rouvriront tout simplement jamais, sauf à trouver un repreneur à la barre du tribunal de commerce.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco