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Jour J pour Galileo, le GPS européen

L'Europe a lancé les premiers services de son système de navigation par satellites, Galileo, programme initié en 1999. Avec sa localisation géographique plus précise, il se se présente comme une réelle alternative au GPS américain.

Initié il y a 17 ans par l'Europe qui y a consacré plus de 10 milliards d'euros, le GPS européen touche enfin au but. "C'est un immense exploit (...) Aucun pays européen n'aurait pu faire cela tout seul", a déclaré la commissaire européenne à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska, lors de l'entrée en service de Galileo, officiellement lancé à Bruxelles ce jeudi 15 décembre 2016. "Galileo, le système de navigation par satellite le plus précis au monde, devient une réalité", s'est-elle félicité. 

Seuls quelques rares privilégiés, possesseurs des rares smartphones compatibles avec Galileo -le premier, l'Aquaris X5 Plus du constructeur espagnol BQ, est sur le marché depuis l'automne- peuvent pour l'instant capter le nouveau signal émis par les satellites en orbite. Mais, pour disposer d'une masse de produits compatibles avec Galileo, il va falloir se montrer un peu patient. Ce n'est par exemple qu'en 2018 que tous les nouveaux véhicules vendus en Europe, seront équipés de puces et capteurs compatibles avec Galileo.

En 2020, la constellation de satellites Galileo sera complète

De plus, jusqu'en 2020, la précision du service GPS européen ne sera pas optimale et le signal ne sera pas disponible tout le temps. Galileo se contente aujourd'hui d'une quinzaine de satellites. Il lui en faut le double pour être pleinement efficient. Si tous les lancements se passent bien, ce sera le cas au tout début de la prochaine décennie.

Ce service européen sera en revanche le plus performant du monde avec notamment un positionnement d'une précision, de l'ordre du mètre, supérieure à celle de ses concurrents. Un service payant permettra même une localisation à quelques centimètres près. Autre avancée, pour les opérations de recherche et de sauvetage: un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n'importe quel endroit du globe. De plus, le signal européen sera daté à quelques milliardièmes de secondes près (un service utile pour les banques, les assurances, les fournisseurs d'énergie).

Il sera également authentifié, ce qui constitue un gage de sécurité notamment pour les futurs véhicules autonomes face aux dangers éventuels d'un piratage à distance.

Frédéric Bergé avec AFP