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Il n'existe désormais plus que deux compagnies nationales de "cars Macron"

FlixBus a transporté 45 millions de personnes dans 29 pays, dont 7,3 millions en France, un chiffre en augmentation de 40% par rapport à 2017.

FlixBus a transporté 45 millions de personnes dans 29 pays, dont 7,3 millions en France, un chiffre en augmentation de 40% par rapport à 2017. - Piroschka Van de Vouw-AFP

Avec le rachat, désormais effectif, d'Eurolines et isilines par FlixBus, il ne reste plus que deux compagnies nationales de "cars Macron" longue distance en France, dont Ouibus, filiale de la SNCF que va racheter Blablacar.

Moins de quatre ans après la libéralisation du transport par car longue distance, ce marché se réduit à deux acteurs nationaux dans l'Hexagone. C'est la conséquence directe de l'acquisition d'un des trois opérateurs par un de ses rivaux, FlixBus ayant finalisé le rachat à Transdev (filiale à 66% de la Caisse des Dépôts) de ses activités de cars longue distance Eurolines et isilines. Aucun détail financier n'a été rendu public sur cette transaction.

Cette cession porte sur les activités d’Eurolines en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en République Tchèque et en Espagne, avec un réseau de cars couvrant 25 pays ayant transporté 25 millions de voyageurs, Eurolines étant exploité sous la marque isilines en France. Seules les activités B2B sous la marque isilines (location de cars en France) sont conservées par Transdev.

Flixbus détient plus de la moitié du marché

FlixBus, qui détenait déjà, avant ce rachat, plus de 50% de parts de marché, a transporté de son côté 45 millions de personnes dans 29 pays, dont 7,3 millions en France, un chiffre en augmentation de 40% par rapport à 2017.

Avec ce rachat, désormais officiel, il ne reste plus que deux compagnies de "cars Macron" actives au niveau national en France: FlixBus et Ouibus (ex-iDbus), filiale de la SNCF, que doit racheter la plateforme de covoiturage française BlaBlaCar. Cette cession, annoncée en décembre par la SNCF, devrait en principe être finalisée à la fin du printemps. BlaBlaCar a déjà annoncé que Ouibus serait rebaptisé BlaBlaBus, et qu'elle lancerait des autocars au deuxième trimestre sur le marché allemand.

Libéralisé mi-2015, le marché français des cars longue distance comprenait à l'origine cinq acteurs. Mais deux d'entre eux ont disparu dès 2016: Starshipper, marque commune d'une union de PME du secteur, absorbée par Ouibus; et Megabus, filiale de l'anglais Stagecoach, racheté par FlixBus.

Cette concentration accélérée, qui s'explique selon les professionnels du secteur par la nécessité d'atteindre une taille critique pour être rentable, est intervenue dans un contexte de progression constante du marché français.

Le trafic en volume a augmenté de 26% en 2018

Selon l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), le trafic des "cars Macron" a progressé en volume de 26%, avec 8,9 millions de voyageurs transportés en 2018, les grèves "perlées" de la SNCF au printemps 2018 ayant offert aux cars un surcroît de clients. Le chiffre d’affaires du secteur sur les liaisons domestiques au 4e trimestre 2018 s’élevait à 31 millions d’euros hors taxes, en hausse de 17 % par rapport au même trimestre de 2017, en phase avec l’augmentation de la fréquentation sur cette même période (+14 %).

Le secteur employait fin 2018 plus de 2500 équivalents temps plein (ETP). Le taux de remplissage des cars, quant à lui, avoisine les 60%.

Selon l'Arafer, outre les opérateurs disposant d’un réseau national (Eurolines/Isilines racheté par FlixBus et Ouibus en cours d'acquisition par Blablacar), dix acteurs proposent une offre locale et ciblée de transport par car: Car Postal, Chambon, DMA, Escapad’Kreol, Jacqueson, Keolis Sud Lorraine, Migratour, Orain, Philippe et Resalp.

Frédéric Bergé avec AFP