BFM Business

Hollande peut enfin utiliser un smartphone l'esprit tranquille

A L'Élysée, les smartphones des 400 collaborateurs sont équipés d'un logiciel qui chiffre les communications pour les protéger du piratage.

A L'Élysée, les smartphones des 400 collaborateurs sont équipés d'un logiciel qui chiffre les communications pour les protéger du piratage. - Alain Jocard-AFP

Orange a doté les smartphones de l'Élysée d'un logiciel qui chiffre toutes les communications électroniques. Une parade aux révélations en 2015 d'écoutes passées de plusieurs présidents par la NSA?

Très utilisé en haut lieu, le téléphone mobile est-il devenu un moyen de communication plus sûr? Après l'électrochoc provoqué, mi-2015, par les révélations d'écoutes entre 2006 et 2012, de trois présidents de la République par l'agence de renseignement américain, la NSA, l'Élysée a discrètement passé contrat avec Orange Cyberdefense.

Cette branche spécialisée de l'opérateur est chargée de déployer des outils de cybersécurité pour lutter contre les fuites d'information et parer aux failles exploitées par les pirates, dans les systèmes informatiques et téléphoniques.

Orange a équipé, voici quelques semaines, 400 collaborateurs du chef de l'Etat d’une application à télécharger sur smartphone, pour communiquer de manière chiffrée, via des techniques qui rendent très difficilement violables ces échanges. Cette solution technique est fournie par la société française Ercom et fonctionne avec des smartphones Android.

Utiliser un téléphone "chiffré" n'est pas toujours aisé

Son efficacité suppose, a priori, que les deux correspondants en communication utilisent la même solution de chiffrement sur leur téléphone respectif. L'intérêt de cette solution est surtout de fonctionner avec des smartphones du marché qu'affectionnent les utilisateurs, contrairement à l'autre solution consistant à utiliser des téléphones dédiés spécifiques, chiffrant toutes les communications.

Même s'ils offrent un niveau très élevé de sécurité des communications, les "Teorem" fournis à partir de 2010 par Thales ne sont, de fait, pas réputés pour leur ergonomie Résultat: ceux à qui ont été attribués ces téléphones, diffusés à 14.000 exemplaires dans toutes les administrations d'État "sensibles", rechignent à les utiliser pour passer un simple coup de fil.

Pour s'en convaincre, il suffit de se référer aux révélations de Wikileaks sur les écoutes de dirigeants politiques français qui rendaient compte d'une conversation passée en 2011 entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères. On ne peut certes exclure que la NSA soit venu à bout du chiffrage de Thales. Mais il est plus probable que la communication interceptée ait été passée depuis un portable classique.

Frédéric Bergé