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Hollande célèbre les vertus de l'entrepreneuriat depuis les Etats-Unis

François Hollande a profité de sa visite dans la Silicone Valley pour annoncer des mesures favorables aux start-up

François Hollande a profité de sa visite dans la Silicone Valley pour annoncer des mesures favorables aux start-up - -

A l'occasion de sa visite dans la Silicon Valley, mercredi 12 février, le chef de l'Etat a annoncé une série de mesures en faveur des start-up françaises. Mais il n'a pas insisté sur le dossier brûlant de la fiscalité des géants du net.

C'est une célébration des vertus de l'entrepreneuriat à laquelle s'est livré François Hollande à l'occasion de sa visite, mercredi 12 février, dans la Silicone Valley au terme de son voyage officiel de trois jours aux Etats-Unis.

"La France doit reconnaître le dynamisme de ses entrepreneurs" et favoriser "l'esprit d'initiative", a lancé le président devant quelques dizaines de patrons de start-up françaises réunis au French Tech Hub, un incubateur d'entreprises.

Il en a profité pour annoncer un nouveau mécanisme fiscal permettant aux start-up de mieux rémunérer leurs salariés via une réforme du régime des attributions gratuites d'actions.

Le président a aussi promis "une nouvelle impulsion" au "financement participatif" (le crowdfunding) avec l'adoption "le mois prochain" d'une ordonnance pour que ce dispositif devienne "aussi incitatif qu'aux Etats-Unis". Fleur Pellerin, la ministre de l'innovation et des PME, devrait préciser ces mesures, vendredi 14 février.

François Hollande a par ailleurs évoqué des premières réformes qui doivent émerger le 17 février du "conseil de l'attractivité du territoire" dans le but de faire venir les entreprises étrangères innovantes.

Il a également relancé l'idée de "passeports talents" permettant aux créateurs, innovateurs et entrepreneurs étrangers de recevoir plus facilement un visa français. "Entre 5.000 et 10.000 personnes" pourraient en bénéficier chaque année, a-t-il précisé.

Pas de charge anti-Google

En revanche, le chef de l'Etat n'a pas voulu s'apesantir sur le dossier brûlant de la fiscalité des géants du net qui utilisent les dispositifs d'optimisation fiscale des différents pays pour payer le moins d'impôts possible.

Il a simplement plaidé pour une harmonisation mondiale de ces pratiques afin d'empêcher cette optimisation, mais n'a pas fait du contentieux fiscal qui oppose actuellement Bercy à Google un cheval de bataille.

"Venez en France !", a-t-il plutôt lancé à l'adresse des grands dirigeants de l'économie numérique américaine, dont il a rencontré l'élite, un peu plus tôt dans la journée, dans un restaurant français. François Hollande a en particulier tenté de convaincre le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, et celui de Facebook, Sheryl Sandberg, que la France n'est pas l'enfer administratif et fiscal parfois dépeint par la presse anglo-saxonne.

Les propos de Gattaz dédramatisés

Concernant les propos tenus, mardi, lors du voyage officiel par Pierre Gattaz sur les contreparties au pacte de responsabilité, le chef de l'Etat a appelé le président du Medef à explorer avec les grands groupes français la "piste" d'offres d'embauche similaires à celles proposées en Californie pour trois ans aux étudiants en fin de cycle. Elles permettent à ces étudiants de "disposer d'une sécurité pour développer leur propre entreprise", a-t-il expliqué.

Une façon pour le président de la République de dédramatiser les affirmations du patron des patrons qui, il est vrai, a précisé, mercredi 12 février, ses propos initiaux en indiquant qu'il pourrait accepter des objectifs chiffrés à la condition qu'ils ne soient pas contraignant.

François Hollande s'est tout de même livré à un petit peu d'ironie au détriment de Pierre Gattaz."Vous pouvez l'applaudir, Il sera même dit que j'ai fait applaudir le président du Medef", a-t-il plaisanté avant d'enchaîner : "je ne doute pas qu'il me rendra la pareille le moment venu, ça fait partie du pacte de responsabilité, je l'avoue".

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P.C avec AFP