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Hewlett-Packard victime d’Autonomy

HP subit une dépréciation d'actifs de 8,8 milliards de dollars

HP subit une dépréciation d'actifs de 8,8 milliards de dollars - -

HP avait acheté le britannique Autonomy 12 milliards de dollars alors qu’il en valait quatre fois moins. Un prix fort qui pèse aujourd’hui sur le géant de l’informatique.

Plongeon d'HP à Wall Street. Le titre perd 11%. Le géant de l'informatique vient d'annoncer une énorme dépréciation d'actifs de 8,8 milliards de dollars. En cause : le rachat du groupe Autonomy l'an dernier. Ses dirigeants auraient artificiellement gonflé la valeur de l'entreprise pour tromper HP.

C'est une boulette à près de neuf milliards de dollars. L'an dernier, HP rachète Autonomy, un groupe britannique spécialisé dans les logiciels d'entreprise.

Déjà à l'époque, de nombreux observateurs critiquent le prix trop élevé de cette acquisition, près de 12 milliards de dollars. Dans les faits, si l'on en croit la dépréciation, Autonomy vaut environ 4 fois moins.

Autonomy aurait menti sur tout ou presque

Le pot aux roses a été découvert il y a quelques mois, lorsqu'un haut cadre d'Autonomy avertit la direction d'HP qu'il y a un problème.

Le groupe informatique lance une enquête et les résultats sont effarants. Autonomy aurait menti sur tout ou presque: son chiffre d'affaires, son niveau de marge, ses perspectives.

La vérité est dure: Autonomy vaut environ 4 fois moins cher que ce qu'HP a payé, et le groupe est tombé en plein dans le panneau, malgré un audit de la transaction réalisé par le cabinet Deloitte.

HP évoque "un effort délibéré pour gonfler les données financières de l'entreprise afin d'induire en erreur les investisseurs potentiels" et demande une enquête des régulateurs aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Peut-être un peu juste pour calmer les actionnaires qui risquent d'être furieux. D'autant qu'il sera difficile de trouver un fusible à faire sauter, puisque le patron de l'époque, Leo Apotheker, avait été poussé vers la sortie un mois après l'annonce de la transaction.

Anthony Morel