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Grâce au streaming, la musique numérique égale enfin les ventes de CD

Pour l'Ifpi, le streaming dominera le marché mondial de la musique dans les deux ans qui viennent.

Pour l'Ifpi, le streaming dominera le marché mondial de la musique dans les deux ans qui viennent. - Jonathan Nackstrand (AFP)

Il aura fallu l’avènement du streaming pour que les ventes mondiales de musique numérique atteignent enfin le niveau de la musique physique.

Dans l’histoire de la musique, c’est un évènement historique. C’est en tout cas comme cela que les professionnels de la musique présentent les choses.

Selon la Fédération internationale de l'industrie phonographique (Ifpi), les ventes mondiales de musique numérique ont égalé pour la première fois les ventes physiques mondiales en 2014.

Chacune des deux catégories est à 46% (6,82 milliards de dollars en baisse de 8,1% pour le physique et 6,85 milliards de dollars en hausse de 6,9% pour le numérique), le reste provenant des droits de radiodiffusion, de publicité ou de films notamment. En 2013, le physique était à 49% et le numérique à 43%.

La bascule est imminente. Selon Frances Moore, directrice générale de l'Ifpi, le numérique dépassera le physique dans les deux prochaines années.

Cette performance provient du streaming. Cette méthode, popularisée par Spotify et Deezer, qui permet d’écouter de la musique sur sans avoir à la télécharger, a même permis, selon l’Ifpi, d’endiguer la baisse des ventes globales qui en 2014 n’a reculé que de 0,4% à 14,965 milliards de dollars (14 mds d’euros). "Nous constatons que le streaming domine vraiment le marché numérique et nous pouvons imaginer qu'un jour le numérique constituera la majorité des ventes de musique", a déclaré Frances Moore à l'AFP.

Pourtant, les abonnés payants aux services illimités de streaming ne sont pas encore nombreux. Mais, comme le signale l’Ifpi, "leurs revenus ont progressé de 39% en 2014, à 1,57 milliard de dollars".

Le streaming attire les géants de l'Internet et les stars de la musique

Selon l'organisation, 41 millions de personnes dans le monde sont abonnées à des services de streaming comme le suédois Spotify ou le français Deezer.

Ce succès incite désormais les Américains à lancer des services concurrents des Européens. Parmi eux, le producteur de hip-hop Jay Z vient de lancer Tidal avec des stars comme Madonna ou le groupe Daft Punk. Mais YouTube avec Music Key et bien sûr Apple, lorgne sur le streaming.

Mais, si les chiffres mondiaux mettent numérique et physique sur un pied d’égalité, cette répartition est très contrastée selon les pays. Aux États-Unis, premier marché musical mondial, il représente les trois quarts des revenus de l'industrie, avec 3,4 milliards de dollars.

Au Japon, où le marché musical est à la peine ces dernières années (-5,5% en 2014), le chiffre d'affaires du numérique a progressé pour la première fois depuis cinq ans (+4,9%). En Corée du sud, qui avec les pays nordiques, est très enthousiaste concernant le streaming, les ventes de musique ont enregistré une hausse de 19,2%, la plus importante au niveau mondial.

En Europe, l'Allemagne, qui reste attachée aux CD, a vu ses ventes globales progresser de 1,9% tandis que la France (-3,4%) et la Grande-Bretagne (-2,8%) sont en recul.

L'Ifpi continue par ailleurs de militer pour obtenir que des sites comme YouTube s'acquittent des droits de licence, au même titre que les services de streaming.

Le statut de fournisseur de services internet YouTube, propriété du géant Google, lui permet de bénéficier d'un régime d'exemption des droits d'auteur. Or plus de la moitié des usagers du net ont accédé à la musique par le biais des vidéos de sites comme YouTube ou Dailymotion au cours des six derniers mois.

Pascal Samama avec AFP