BFM Business

Google sort de l’imagerie satellite en cédant sa filiale Terra Bella

Google vient de céder Terra Bella, une unité acquise en 2014 pour 500 millions de dollars.

Google vient de céder Terra Bella, une unité acquise en 2014 pour 500 millions de dollars. - Justin Sullivan - AFP

Alphabet, maison-mère de Google, a confirmé la vente de sa division d’imagerie satellite. Derrière cette cession: la stratégie de Ruth Porat, directrice financière d’Alphabet, pour améliorer la rentabilité du groupe en revenant sur les investissements trop "futuristes".

À presque 20 ans, Google a-t-il atteint l’âge de raison en misant sur une rentabilité rapide? La question se pose avec la vente de Terra Bella (ex-SkyBox), sa division d’imagerie par satellite acquise en 2014 pour 500 millions de dollars. À l’époque, cette opération semblait logique puisque liée à Google Maps et plus largement aux services de géolocalisation nécessaires pour les voitures autonomes. Alphabet, maison-mère de Google, a décidé de la céder à Planet Labs.

Le montant de la transaction n’a pas été divulgué, mais sur son site, le repreneur ne cache pas sa joie de faire coup double en rachetant un concurrent, et en gagnant un gros client avec Google. Planet Labs dévoile en effet la signature d’un contrat pour fournir au géant californien les données captées par ses satellites.

L'innovation s'oppose à la rentabilité

Ruth Porat, directrice financière d’Alphabet, est derrière cette décision. Comme l'explique Bloomberg, elle ne cache pas ses positions opposées à celles de Sergei Brin et Larry Page, les cofondateurs de Google, qui misent sur des secteurs d’avenir en faisant des acquisitions. Pour elle, ce sont surtout des investissements qui ne seront pas rentables avant longtemps. Nommée en mars 2015, elle a déjà fait cesser des projets ambitieux comme la division de drones solaires (Titan Aerospace) rachetée en 2014 pour connecter la planète. Le projet s’est repositionné sur Loon, des ballons dirigeables moins coûteux à mettre en œuvre.

La patronne des finances a aussi mis fin aux ambitions de Google dans le très haut débit de Google Fiber ainsi qu’aux smartphones modulaires du projet ARA. Ruth Porat a également mis en place une réorganisation dans la voiture autonome en créant Waymo, une filiale indépendante de Google. Elle s’interroge aussi sur le fait de conserver Boston Dynamics, l’unité de robotique rachetée à la Darpa en 2013 pour 500 millions de dollars.

Même si Alphabet a dégagé un bénéfice net de 5,3 milliards de dollars en 2016, les investisseurs s’attendaient à mieux. De plus, l’échec du lancement des lunettes connectées Google Glass, dans lesquelles Brin et Page ont beaucoup investi via XLab, le centre de recherche de Google, a conforté Ruth Porat dans ses décisions de réduire la voilure. Reste encore Nest: l’unité de domotique dirigée par Tony Fadell est-elle la prochaine sur la liste de Ruth Porat? Pour le moment, rien ne l’indique, mais sa rentabilité est scrutée de près.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco