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Facebook installe à Paris son pole européen de recherche en intelligence artificielle

Basée à paris, l’unité européenne a été confiée à Florent Perronnin, un diplômé de Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications (ENST Paris) qui a longtemps travaillé pour le Xerox Research Centre Europe.

Basée à paris, l’unité européenne a été confiée à Florent Perronnin, un diplômé de Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications (ENST Paris) qui a longtemps travaillé pour le Xerox Research Centre Europe. - Carsten Koal - AFP

Après la Californie et New York, le groupe californien crée à Paris son laboratoire européen dédié à l’intelligence artificielle. Piloté par des Français, Facebook A.I. Research  travaillera main dans la main avec l’Inria.

Facebook accélère sa stratégie de recherche et développement. Ce mardi 2 juin à Paris, le groupe californien a dévoilé la création d’un troisième centre de recherche dédié à l’intelligence artificielle. Après Menlo Park en Californie et New York, ce laboratoire FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research) sera implanté à Paris. 

"Ce choix a été guidé par la grande concentration de talents que l’on y trouve", a expliqué Mike Schoepfer, CTO (chief Technical officer) du FAIR. Les avantages fiscaux du crédit d’impôt recherche (CIR) ont également joué un rôle dans cette décision.

Mike Schoepfer, CTO (chief Technical officer) du FAIR, a présenté à Paris l'équipe qui pilotera l'équipe européenne de recherche.
Mike Schoepfer, CTO (chief Technical officer) du FAIR, a présenté à Paris l'équipe qui pilotera l'équipe européenne de recherche. © Pascal Samama - BFM Business

La direction de ces trois unités a été confiée à Yann Le Cun, un chercheur français spécialisé dans l’intelligence artificielle et la robotique. Ce scientifique est un ancien du Bell Labs, un centre de recherche d’Alcatel-Lucent qui est le partenaire de l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) depuis 2008. 

Facebook ne travaillera pas dans son coin. Une collaboration scientifique a également été mise en place avec l’Inria. "Le but n’est pas de faire des choses en secret. Nous faisons partie intégrante de la communauté de la recherche", insiste Yann le Cun. "Nous publierons nos travaux pour que tous les chercheurs puissent s’en servir. Ce modèle encouragera permettra à tous d'avancer plus vite."

Pour François Sillon, directeur de l’Inria, une relation de confiance s'est établie avec le groupe californien. "Nous avons d’ores et déjà identifié des pistes de collaborations prometteuses".

"Nous faisons partie intégrante de la communauté de la recherche", précise Yann le Cun, directeur du FAIR.
"Nous faisons partie intégrante de la communauté de la recherche", précise Yann le Cun, directeur du FAIR. © Pascal Samama - BFM Business

Les travaux de ce centre sont orientés sur trois axes. La connectivité pour permettre d’accéder à Internet le plus grand nombre de personnes possibles, les interfaces naturelles et l’immersion grâce au casque Occulus de réalité virtuelle. Les technologies développées serviront au développement de l’écosystème du réseau social et de ses satellites (Messenger, Instagram…). Actuellement, la technologie de détection d’images qui permet à Facebook de repérer les contenus illicites sur son espace provient du FAIR.

Facebook ne dit pas combien il investit dans cette nouvelle unité. On sait seulement qu'une cinquantaine de scientifiques font déjà partie de l’équipe au niveau mondial. Parmi eux, des sommités mondiales comme Rob Fergus qui dirige le développement de la vision par ordinateur, Léon Bottou, qui travaille sur le traitement automatique du langage, Vladimir Vapnik, considéré comme le père de la théorie statistique de l’apprentissage, Jason Weston et Ronan Collobert qui travaillent sur l’apprentissage profond. "A terme, nous serons une centaine répartis équitablement entre la Californie, New York et Paris", nous a expliqué le directeur du FAIR.

Des embauches de chercheurs d'ici la fin de l'année

A Paris, l’unité européenne a été confiée à Florent Perronnin, un diplômé de Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications (ENST Paris) qui a longtemps travaillé pour le Xerox Research Centre Europe (XRCE) qui est basée à Grenoble. 

Actuellement, son équipe n’est constituée que de cinq personnes. Mais d’ici la fin de l’année, cet effectif devrait s’étoffer. "Nous comptons embaucher une dizaine de nouveaux talents pour compléter notre équipe parisienne d’ici la fin de l’année" a précisé Yann Le Cun. 

Avec ce nouveau centre, la France est-elle en passe de s'imposer comme le cerveau européen des géants américains des nouvelles technologies? Ce n'est pas gagné mais ce n'est pas improbable. En revanche, ces nouvelles unités vont aussi entrer en compétition avec les grands centres français de recherche. Yann Le Cun le concède: "Evidemment, on ne peut ignorer cette compétition qui est nécessaire. Nous irons tous dans le bon sens car la recherche se base avant tout sur les relations humaines". Reste à savoir comment l’Inria et Facebook vont s’organiser lors des dépôts de brevets.

Pascal Samama