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Digital: il faut mettre en mouvement l'entreprise

Les outils digitaux permettent aux groupes d’utiliser l’intelligence collective.

Les outils digitaux permettent aux groupes d’utiliser l’intelligence collective. - MyRhline

Le dernier déjeuner du Cercle 01 Innovations et technologies qui réunit plusieurs grands patrons sur les sujets du numérique a permis de mettre en lumière le besoin de transformation managériale, dès qu'il s'agit de digital.

Dès qu'il s'agit de transformation numérique, la révolution managériale et culturelle part forcément du haut. Tant que le PDG n’est pas associé, il ne se passe pas grand-chose. Par ailleurs, les outils digitaux permettent aux groupes d’utiliser l’intelligence collective. Ce qui se révèle important vis-à-vis du management antérieur: on adapte les organisations avec moins de niveaux hiérarchiques, mais on met vraiment l’intelligence humaine en réseau, à la place d'une pyramide. Toutefois à ce jour, nous n’avons pas encore vu le décalage de puissance que cela peut générer.

Aller chercher les effets positifs de la transformation digitale

En matière de transformation digitale, on peut aussi évoquer les bénéfices clients. Un rapport du cabinet McKinsey sur le sujet a quantifié les effets positifs et négatifs du digital. Les "attaqueurs" peuvent enlever -20 au résultat d’une entreprise et il y a +40 en termes de possibilités. Dans la banque de détail, McKinsey a trouvé des indicateurs de l'ordre de -36 et +45. D’où l’importance de mettre l’entreprise en mouvement, afin d’aller chercher les effets positifs.Redéployer les effectifs. L’enjeu majeur porte sur le redéploiement des personnes et la formation. La France accuse du retard parce que les entreprises s’autolimitent à cause de leur redéploiement.

La France est en retard dans son appréhension du changement

Les Américains mais aussi les autres pays européens n’ont pas ce problème: ils s’adaptent beaucoup mieux au changement. Pourtant, les gens ont les idées. Mais comment les aider ? Ce n’est pas seulement aux entreprises de le faire. Il faut agir en termes de politique industrielle et sociale. Le débat sur les gains de productivité se poursuivra donc encore longtemps. Par ailleurs, l'équation entre le surplus consommateur, le temps et la valeur ajoutée, et donc les salaires associés, était linéaire jusqu’aux années 2000, mais est devenue non linéaire et est en train d'évoluer. Il serait intéressant d’en discuter. McKinsey a fait une étude sur ce sujet et tout le monde regarde cela en France et à l’étranger mais les ajustements ne sont pas encore clairs.

Frédéric Simottel