BFM Eco

Des hôteliers du Cap d'Agde déclarent la guerre à Booking et ses commissions jugées trop élevées

Pour contester les commissions prélevées par Booking qu'ils jugent trop élevées, plusieurs hôteliers du Cap d'Agde affichent des prix exorbitants sur le site de réservation en ligne afin d'inciter les vacanciers à passer directement par eux pour réserver une chambre.

Une chambre dans un hôtel trois étoiles vue sur piscine, des commentaires, des photos… À première vue, l’annonce de la Voile d’Or au Cap d’Agde paraît tout à fait banale. Mais à y regarder de plus près, les prix affichés sont astronomiques: plus de 1000 euros la nuit sur le site de réservation en ligne Booking, contre 150 euros le reste de l’été.

Rien d’anormal cependant. Comme la Voile d’Or, plusieurs établissements du Cap d’Agde ont décidé d’organiser leur riposte contre Booking qu’ils accusent de prélever des commissions beaucoup trop élevées. L’augmentation brutale des prix en ligne vise ainsi à inciter les vacanciers à passer directement par les hôteliers pour réserver une chambre afin de priver la plateforme de ses commissions juteuses qui étranglent les indépendants.

"Le but pour nous, c’est de montrer notre mécontentement sur les taux de commission. Par exemple, la Grande-Motte 15%, le Cap d’Agde 17%. Pourquoi? Quelle est la différence entre nous? On ne sait pas. Le groupe Accor: 10-12%. Pourquoi nous 17% en tant que petit indépendants? On ne sait pas non plus", déplore Alain Blouet, président du club des hôteliers du Cap d’Agde.

Les hôteliers ont augmenté leurs prix
Les hôteliers ont augmenté leurs prix © Booking

Une opération qui pourrait s'étendre

Pour Frédéric Puech, directeur d’un hôtel 4 étoiles, cette fronde "permet de récupérer une somme qui sera réinjectée". "Ca peut être un réinvestissement d’une chambre la saison d’après. Donc ce n’est pas négligeable", explique-t-il.

Au total, 15 des 16 hôteliers du Cap d’Agde ont décidé de mener cette opération coup de poing qui pourrait s’étendre. À Saint-Malo, en Bretagne, les professionnels du tourisme réfléchissent à rejoindre le mouvement.

Jean-Vincent Molinier avec Martin Cangelosi et Paul Louis